‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1459 sur 2407 · II. Premières lettres de Grégoire VII · texte numérisé non relu

II. Premières lettres de Grégoire VII

Dès le lendemain de son élection , il en donna part à Didier, abbé du mont Cassin, en ces termes : Le pape Alexandre est mort, et sa mort est retombée sur moi et m'a mis dans un trouble extrême ; car en cette occasion le peuple romain est demeuré si paisible, ccmlre sa coutume, et s'est t(»llement remis à notre conduite, que c'étoit un effet manifeste de la miséricorde de Dieu {'2). iXous avons donc ordonné par délibération, qu après un jeûne de trois jours, après des processions, des prières et des auuiùnes, nous déciderions ce qui nous paroitroit le meilleur touchant l'élection du pape. Mais comnn; on enterroit le pape Alexandre dans l'église du Sauveur, il s'est élevé tout d'un coup un grand tumulte du peuple , et ils se sont jetés sur moi comme des insensés, en sorte que je puis dire avec le prophète : Je suis venu en haute mer et abîmé dans la tempête. Mais, comme je suis au lit si fatigué que je ne puis dicter long-temps, je ne vous parlerai pas davantage de mes peines, seulement je vous conjure de me procurer les prières de vos frères , atin qu'elles me conservent dans le péril qu'elles dévoient me faire éviter. iXe manquez pas de venir au plus tôt nous trouver, puisque vous savez combien l'église romaine a besoin de vous, et la conliance qu'elle a en votre prudence. Saluez de notre part 1 impératrice Agnès et le vénérable Raynald , évêque de Côme, et les priez de montrera présent l'aflection qu ils nous portent. L'impéralricc Agnès passa six mois après au mont (bassin, où elle lit de magnifiques offrandes, et l'évêque Raynald étoit dans son intime conliance (3).

(1) liaron. an. 1073. Papcbr. Coiial.

(2) Epist. 1.

(3) Cbr. Cass. lib. m, c.

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