LIVRE SOIXANTE-DEUXIÈME
la domination des musulmans , comme on voit par quelques lettres de Gréf^oire VIL Dès la première année de son pontificat, il écrivit au clergé et au peuple de Carthage pour les reprendre de ce que quelques-uns d'entre eux avoient accusé leur archevéqueCyriaque devant
les Sarrasins (1) , en sorte qu'il avoit été traite comme un voleur et frappé de verges à nu. La lettre est du quinzième de septembre mil soixante-treize. Il écrivit en même temps à l'archevêque , louant sa fermeté de ce qu'étant présenté à l'audience du roi il a mieux aime souffrir divers tourments que de violer les canons , en faisant des ordinations par l'ordre de ce prince infidèle {2). Il le console , et prie Dieu de regarder enfin l'église d'Afrique affligée depuis si long-temps.
Il lui écrivit encore trois ans après , c est-adire au mois de juin mil soixante-seize (3), déplorant la misère de l'église d'Afrique , ou il ne se trouvoit pas trois èvéques pour en ordonner un quatrième. C'est pourquoi , ajoulet-il , nous vous conseillons, à vous et à celui à qui nous venons d'imposer les mains, de choisir une personne digne de nous l'envoyer, afin qu'après l'avoir ordonné nous vous le renvoyions et que vous puissiez faire des ordinations selon les canons. Celui à qui le pape venoit d'imposer les mains éloit un prêtre , nommé Servand , que le pape avoit ordonne archevêque d'Hippone, ou plutôt dilippa, dans la Mauritanie de c^itifie, qu il ne faut pas confondre avec Hippone de Numidie, que saint Augustin a rendue si célèbre. Le pape avoit ordonné Servand à la prière du clergé et du peuple d'Hippone, qui l'avoit élu et sur la recommandation d'Anzir , roi de Mauritanie, qui bien que musulman, le 1 À avoit demande, lui envoyant des présents, avec quelques chre liens qui avoient été captifs chez lui. Le pape lui en Ut ses remercîments par une lettre treshonnéte, où il dit qu ils croient et honorent un seul Dieu , quoiqu en différente manière, et lui souhaite la béalilude éternelle dans le sein d'Abraham (i). H écrivit aussi à l'église d'ilippone, recommandant leur nouvel archevêque et les exhortant à mener une vie si édifiante, qu'ils convertissent les Sarrasins qui les environnent.