‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1508 sur 2407 · XLIV. Inccrlilude du pape · texte numérisé non relu

XLIV. Inccrlilude du pape

Ce récit est tiré des auteurs les plus attachés au pape Grégoire. Toutefois, dans une lettre adressée à tous les fidèles , il parle ainsi de cette élection, prenant Dieu à témoin de ce qu'il dit (2) : JNous voulons bien vous déclarer que Rodolphe, qui a été ordonné roi par les LTtramontains, n'a pas reçu alors le royaume par notre ordre ou par notre conseil ; et que nous avons même statué dans un concile que si les archevêqu(*s et les évêques qui I'avoient ordonné ne rendoient bonne raison de cette action, ils seroient déposés de leur dignité et Rodolphe du royaume.

Il paroit encore que le pape ne tenoit pas le droit de Rodolphe pour incontestable, par deux lettres écrites peu de temps après qu'il put avoir connoissance de cette élection , c'està-dire le dernier jour de mai mil soixante-dixsept (3). La première est adressée au cardinal Bernard et à l'abbé Bernard , ses légats, à qui il dit : Vous savez que nous sommes sortis de Rome pour aller en Allemagne procurer la paix; mais, faute de l'escorte qui nous avoit été promise , nous sommes demeurés en Lombardie en grand péril. C'est pourquoi nous vous enjoignons d'exhorter l'un et l'autre roi, Henri et Rodolphe, à nous donner sûreté pour passer en Allemagne ; car nous désirons terminer leur différent avec le conseil des clercs et des laïques du royaume , et montrer auquel

(1) Hisl. bell. SaîC. p. (2) Lib. ix, Epist. 28. 136. (3; Lit). IV, Epist. 23.

des deux la couronne appartient le plus justement. Si donc l'un des deux rois refuse de nous obéir en ce point, résistez-lui en toutes manières jusqu'à la mort, s'il est besoin; empêchez qu'il ne gouverne le royaume , et l'excommuniez avec tous ses adhérents. Soutenez , au contraire, celui qui nous obéira, et le confirmez dans la dignité royale. 11 parle de même dans l'autre lettre, qui est adressée aux Allemands (1). Il dit que l'un et l'autre roi demande le secours du saint-siege , il ordonne de rejeter comme membre de lantechrist celui qui ne lui obéira pas , et de rendre toute sorte d'obéissance à celui qui se soumettra aux ordres des légats. En ces deux lettres, il relève l'autorité de saint Grégoire comme s'étant attribué le pouvoir de déposer les souverains ; mais il n'en allègue que la clause suspecte du privilège accordé à l'hôpital d'Autun.

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