XXXIV. Concile eo Germanie
Ce prince exécuta sa promesse, et fit effectivement tenir un concile en Germanie, on ne sait pas en quel Jieu prtHiisément (3), Il est daté «u vingt-unième avril l'an sept cent quaranleueux, et Carloman y témoigneque, par le conseil
|esserviteursdeDieuetdesseigneursdesacour, [I a assemblé les év<Vjues deson royaume, savoir, 1 archevêque Bcmiface, les évêques Burchard, Hégenfrid, Yitta, \illebald, Dadan et Eddan, 3vec leurs prêtres, pour donner conseil comnient on pouvoit rétablir la loi de Dieu et la «Jiscipliue ecclésiastique tombée sous les prinl^t's précédents, et emptVher le peuple fidèle ^Htq trompé par de faux prêtres comme par J' passé. Régenfrid ou Rainfroy étoit évêque <^e Cologne. Villebald est celui qui étoit venu 'lo Rome, et que saint Boniface avoit ordonné *mier évêque d'Eichstat , l'automne de l'an-
il} ^' 1; (3) Tom. G, p. 1534.\ it.
. ^*). V. Baron, an. 742, n. Bonif. par Olh. lib. i, c. 34.
^^oml. an. eod. n. 2, an. Carlom. Capilul. 1, tom. p.
i;43, n. 31, 32. Zach. Ep. 2, 145.
U,Conc.p.l50i,
née précédente (1). II eut pour assistants en cette consécration saint Burchard de Virsbourg et \ izo, évêque d'Ausbourg. Entre les SIX évêques du concile de Germanie,*! itta étoit le nouvel évt^ue de Burabourg. Dadan étoit
irn^"*^/'^'*^^^*'^' ^"* ^^^*^ succédé à saint V illebrod , mort en sept cent trente-neuf le septième de novembre , jour auquel l'Eglise honore sa mémoire (2). Eddan étoit évêque de Strasbourg. ^
Ce concile fit seize canons , que d'autres réduisent à st»pt. On confirme d'abord les évêques établis par l'archevêque Boniface, qui est qualifié envoyé de saint Pierre. On tiendra tous les ans un concile pour la réformation dé la religion en présence du prince ; on rendra aux églises les biens qui leur ont été ôtés ; les prêtres ou les clercs débauchés ne jouiront point de ces biens , au contraire ils seront dégrades et mis en pénitence. Les clercs ne porteront point d'armes, ne combattront point et n'iront point à la guerre, si ce n'est ceux qui sont choisis pour y célébrer la messe, et porter les reliques , savoir, un ou deux évêques , que le prince pourra mener avec leurs chapelains et leurs prêtres. C'est la première fois que je remarque le nom de chapelain. Le concile poursuit : Chaque commandant pourra mener un prêtre pour juger ceux qui confesseront leurs péchés , et leur déclarer leur pénitence. JNous défendons aussi à tous les ^rvileurs dé Dieu , c'est-à-dire les clercs , de chasser ou de courir les bois avec les chiens , ou d'avoir des éperviers ou des faucons. Chaque prêtre sera soumis à l'évêque diocésain j et tous les ans en carême il lui rendra compte de sa foi et de son ministère, du baptême, des prières, de la messe. Et quand l'évêque, suivant les canons visitera son diocèse pour confirmer le peuple le prêtre sera toujours prêt à le recevoir avec le peuple assemblé Le jeudi saint , il recevra de Tévêquele nouveau chrême (3). Les évêques et les prêtres inconnus, de quelque part qu'ils viennent, ne seront point admis au ministère avant l'approbation de l'évcHïue en son synode. Chaque évêque, a^ec le secours du comte, aura soin de préserver le peuple de Dieu de toutes les superstitions païennes sacrifices des morts, sorts, divinations, caractères , augures , enchantements , victimes que 1 on immole auprès des églises, selon les cérémonies païennes , sous le nom des martyrs et des confesseurs , les feux qu'on appelle niedfyr, toutes cérémonies semblables. Les personnes consacrées à Dieu, c[ui, de ce jour, seront tombées dans la fornication , seront mises en prison pour faire pénitence au pain et à l'eau. Si c'est un prêtre, il y demeurera deux ans après avoir été fouetté jusqu'au sang, et l'évêque pourra augmenter la peine. Si c'est un
t iK y!f*,y"'e*>- c- 11, t. Ben. n. 34. 161. Mab. MarU 4,Act. SS. Ben. p. 381. R. 7 nor.
(2) Viia tom. 3, Act. SS. (3) V. Conc. Suess. c. 5,
HISTOIRE DU CHRISTIANISME
clerc ou un moine, après avoir été fouetté trois fois, il sera un an en prison. De même que les religieuses voilées , et elles seront rasées. Ce n'étoit donc pas encore l'usage de raser les religieuses en leur donnant Thabit. L<»s prêtres et les diacres ne porteront point des manteaux semblables à ceux des laïques, mais des chasubles. C'étoit donc encore l'habit ordinaire des ecclésiastiques. Les moines et les religieuses observeront la régie de saint Benoît. C'est le premier canon que je sache qui ait rendu cette régie générale. Mais l'usage lavoit déjà établie pans la plupart des monasléres. Le pape Zacharie, ayant appris par les lettres de saint Boniface ce qui s'éloit passé en ce concile, écrivit une lettre générale adressée à tous les François , où il approuve le concile , et remercie Dieu de ce qu ils ont chassé de chez eux les faux prêtres schismatiques , homicides, concubinaires (1). Quelle victoire, ajoute-t-il , peut-on espérer quand les prêtres, qui viennent de toucher les divins mystères, et de présenter aux chrétiens le corps du Seigneur, tuent de leurs mains sacrilèges les chnv tiens à qui ils dévoient l'administrer, ou les païens à qui ils dévoient prêcher Jésus-Christ ? Mais si vous avez des prêtres purs et exempts de ces crimes , et si vous obéissez en tout à Boniface qui vous prêche de notre part , toutes les nations intidéles tomberont devant vous, et après la victoire vous aurez la vie éternelle.