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LVII. Cinquième concile de Rome

La même année au mois de novembre , le pape tint un concile à Rome, dans l'église du Sauveur , que l'on comple pour le cinquième de son pontificat. Bérenger y éloit présent, et, étant pressé de renoncer à son erreur, il donna une courte profession de foi , et obtint délai jusqu'au prochain concile, qui se devoit tenir pendant le carême suivant (1). En celui-ci, on excommunia l'empereur de Conslantinople et plusieurs autres , et il s'y trouva des députés des deux princes qui se disputoient le royaume d'Allemagne, Henri et Rodolphe, qui jurèrent chacun, pour leur maître , qu'ils n'useroient d'aucune fraude pour empêcher la conférence que les légats clu saint-siège dévoient tenir dans ce royaume.

On fil aussi dans ce concile quelques règlements pour l'utilité de l'Eglise. Défense à toute personne de retenir les terres ecclésiastiques qu'il a reçues d'un prince séculier, ou des évêques et des abbés malgré eux. Ce qui regardoit principalement l'Allemagne. Défense à tous, principalement aux Normands, d'usurper les terres et les autres biens du mont Cassin. Défense à tout clerc de prendre 1 investiture d'un évêché ou d'une autre église de la main d'un prince ou d'un autre laïque. On déclare nulles les ordinations faites par simonie, ou sans le conM-nlement du clergé et du peuple, en un mot contre les canons. On déclare fausses les pénitences qui ne sont pas conformes à l'autorité des père5 ; comme de ceux qui ne renoncent pas à une profession qu'ils ne peuvent exercer sans péché , qui ne restituent pas le bien d'autrui , ou gardent la haine dans le cœur. Défense aux laïques de posséder des dîmes, ni aux abbés d'en retenir sans l'autorité du pape, ou le consentement de l'évêque diocésain , parce que , selon les canons, elles appartiennent aux évêques. Tous les fidèles doivent faire leur offrande à la messe , s'ils veulent participer aux fruits du sacrifice. Défense aux évêques de tolérer par faveur ou par intérêt l'incontinence des prêtres ou des clercs. Tous les évêcjues feront enseigner les lettres dans leurs églises (2). Ce sont les principaux règlements de ce concile. Guibert, archevêque de Ravenney fui déposé, comme il paroît par la lettre que le pape en écrivit à son peuple : où il l'accuse d'avoir pillé comme un tyran cette église, autrefois si riche , et de l'avoir scandalisée par son mau-

(1^ Bcrlhnld. an. 1078. (2) C i, «, 3, *> 8, », Mahill. l»ra'f. 2, lo. 6, n.28. 12, 13.

An àc J.-C. 1078.J

vais exemple, et leur défend de lui rendre à l'avenir aucune obéissance (1).

L'excommunication prononcée dans le concile de Rome , contre ceux qui pilloient le mont Cassm, vint à celte occasion. Un évêque avoit mis en dépôt dans ce monastère une grande somme d'argent. Jourdain, prince de Capoue, l'ayant appris, envova des soldats, avec ordre de tirer cet argent du trésor de l'église :-ce qu'ils exécutèrent, nonobstant la remontrance des moines , que c'étoit un dépôt. Le pape Grégoire, l'ayant appris , mit en interdit l'église, et blâma la foiblesse de l'abbé Didier et des moines, qui avoient souffert ce sacrilège , disant qu'il etoit plus tolérable d'abandonner au pillage les villages et les châteaux du monastère , que d'exposer au mépris le lieu saint n^peclé par tout le monde (2). Ensuite il fil dans le concile le décret que j'ai rapporté; et quelques mois après il écrivit une lettre à Jourdain, où il lui reproche cette violence et quelques autres, l'exhortant à les reparer.

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