‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1526 sur 2407 · LXI. Primatie de Lyon · texte numérisé non relu

LXI. Primatie de Lyon

Gébouin , archevêque de Lyon, alla à Rome quelque temps après son ordination, demander le pallium et la confirmation de la primatie, qu'il prétendoit appartenir à son siège sur les quatre provinces de Lyon, de Rouen, de Tours et de Sens (2). Le pape, supposant que l'église de Lyon avoit eu ce droit de toute antiquité, accorda à Gébouin ce qu'il demandoit , et ordonna aux archevêques de Rouen , de Tours et de Sens de le reconnoître pour primat. Toutefois, le lecteur attentif peut se souvenir, que jusqu'ici nous n'avons vu aucune preuve de celte primatie, ni d'autres primats dans les Gaules, que ceux à qui les papes ont quelquefois délégué leurs pouvoirs , comme les archevêques d'Arles et de Vienne (3).

Mais on voit , dans la lettre de Grégoire VII (4) , aux trois archev(k}ues , le fondement de sa prévention en faveur de l'église de Lyon, car il parle ainsi : Les provinces ont été divisées pour la plupart long-temps avant l'avènement de Jésus-Christ ; et depuis cette division a été renouvelée par les apôtres et par saint Clément, notre prédécesseur. En sorte que, dans les capitales des provinces où étoient les primats de la loi du siècle , et où avoient recours ceux qui ne pouvoient aller à

(1) IMabill. Praîf. 2, Sœc.

6, n. 20, lo. .\, Conc. pog.

(2) VI, Ep. 36.

(3) VI, Epist. 35. Sup. I.

XXVI, n. 45.

(4) VI, Episl. 35.

la cour des princes , en ces villes les lois divines et ecclésiasiiques ont ordonné d établir des patriarches ou des primais qui ont le même pouvoir sous divers noms. Les autres villes métropolitaines qui avoient de moindres juges, quoique plus grands que les comtes , ont des évèques métropolitains soumis aux primats , et supérieurs au\ simples évéques. Or, toutcet endroit de la lettre de Grégoire YII est tiré mot pour mot d'une fausse décrétale attribuéeà saint Anaclet , et est conforme à une autre fausse lettre de saint Clément ; mais, avant ces pièces tirées de la collection d Isidore, sous le nom de primats , on n'entendoit que les métropolitains ou ceux qui en tenoient le rang en quelques provinces. Sur ce fondement , dont Grégoire YII (1) ordonne aux trois archevêques , de Rouen, de Tours et de Sens, de rendre à l'église de Lyon l'honneur et la révérence que les papes , ses prédécesseurs, ont prescrites à leurs églises : ce qui montre qu'il supposoit dans le fait, que ce privilège a voit déjà été accordé par d autres papes à Téglise de Lyon. Ces deux lettres touchant cette primatic sont du vingtième d'avril mil soixanledix-neuf.

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