‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 154 sur 2407 · XXXVI. Concile de Liplines · texte numérisé non relu

XXXVI. Concile de Liplines

En exécution du premier canon du concile de Germanie , le prince Carloman eu assembla un le premier de mars sept cent quarante - trois à Liptines , maiscm royale, aujourd'hui Lestines en Cambresis (3).

(1) Ap. Bonif. Ep. 1:J7. (2) Bonif. Ep. 105, t. 6, t. 0, Conc. p. J5i5. Conc. p. 15(J5.

(2) Ep. 105, in fin.

(3) Tom.6,Concp.l'>37.

Tom.l,Capit.p.l.'>O.Hinc.

Ep. 37, t. 2, p. 657.

AndeJ.-C. 744.]

Saint Boniface y présidoit avec un évéque nommé George, et Jean, sacellaire , tous deux de la part du pape. On y fit seulement quatre canons. Le premier porte confirmation du concile précédent , dont tous les évêques , les comtes et les gouverneurs promettent d'observer les décrets; fout le clergé se soumet aux anciens canons , les abbés et les moines reçoivent la règle de saint Benoît. Le second canon regarde les biens ecclésiastiques, et modère la disposition du concile précédent, touchant la restitution que les laïques en doivent faire. Il est donc ordonné qu'à cause des guerres présentes , le prince prendra pour un temps une partie des biens de l'Eglise à titre de précaire et de cens, pour aider à l'entretien de ses troupes, à condition de payer tous les ans à l'église ou au monastère un sou valant douze deniers pour chaque famille ; en sorte que celui à qui la terre de l'église aura été baillée, venant à mourir, elle retournera à l'église. Mais elle pourra de nouveau être baillée au même litre de précaire, si la nécessité y contraint, et que le prince l'ordonne. Toutefois, l'église ne doit point souffrir de cette permission , et, si elle est pauvre, on lui rendra son revenu tout entier. Ce précaire étoit donc une espèce de fief accordé à un homme de guerre pour faire le service, et seulement à vie, comme ils étoient tous alors. Le sou n'étoit que d'argent , et valoit vingtcinq sous de notre monnoie. (1) J'appelle famille ce qui est ici nommé casata , et ailleurs mafisus ou conjugium^ c'est-à-dire une maison avec quelque étendue de terres suffisantes pour nourrir une famille de serfs.

Le troisième canon défend les adultères , les incestes et les mariages illicites , et de vendre aux païens des esclaves chrétiens. Le dernier renouvelle la défense des superstitions païennes, sous peine de quinze sous d'amende. 11 y a ensuite un dénombrement de ces superstitions contenant trente articles, dont les plus remarquables sont des sacrifices aux morts , d'autres dansles bois sur des pierres aux fontaines , d'autres à Mercure ou à Jupiter , diverses sortes de divinations, entre autres par les oiseaux , par la fiente ou l'éternuement des chevaux ou des bœufs, par le cerveau des animaux. De l'éclipsé de la lune, et des femmes que l'on croyoit qui la mangeoient. D'une figure qu'ils portoient par les champs , d'une qu'ils faisoient de pâte , d'une autre de drapeaux comme une poupée. De ce qu'ils se faisoient des saints de tous les morts ; ce qui semble être l'origine de la facilité que l'on avoit en ce temps-là à honorer d'un culte public plusieurs saints douteux. On trouve à la fin de ce concile des formules en langue tudesque, des renonciations et de la profession de foi que l'on fait au baptême , par où l'on voit la dilîé-

(1) V. Le Blanc. Mon. p. 6,8,71 Tome III.

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