‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1543 sur 2407 · L.\i, n. i\). Ep, M · texte numérisé non relu

L.\i, n. i\). Ep, M

(31 I, Epist 0, 7; Sup. I.

LXII, n. 3; Vf, Ep. 28

(iM, Ep. iy, 41; VIII, Ep. 10. '

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

lAndeJ.-C.

ait

clergé soit rasé. Nous vous ordonnons de faire garder cet usage par tout le clergé de votre obéissance, et de contisquer au prolit de l'Eglise les biens de ceux qui refuseront de s'y soumettre.

Salomon , roi de Hongrie , ayant été chassé par Géisa, son parent, eut recours au roi Henri, dont il avoit épousé la sœur, et se rendit son vassal pour se fiure rétablir. Le pape Grégoire le trouva mauvais, et écrivit ainsi à Salomon : Yous pouvez apprendre des anciens de votre pays que le royaume de Hongrie appartient à l'église romaine, ayant été donné autrefois à saint Pierre par le roi , avec tout son droit et sa puissance. De plus, l'empereur Henri , d'heureuse mémoire , c'est Henri le noir, ayant conquis ce royaume, envoya au corps de saint Pierre la lance et la couronne, marques de la dignité royale. Sachez donc que vous n'aurez point les bonnes grâces de saint Pierre, et ne régnerez pas long-temps sans éprouver 1 indignation du saiut-siége, si vous ne reconnoissez que vous en tenez voire sceptre , et non du roi. Quelque temps après il écrivit à Géisa : JNous croyons que vous savez que le royaume de Hongrie, comme les autres royaumes les plus nobles , doit garder sa liberté sans être soumis à aucun roi étranger , mais seulement h l'église romaine; et parce que votre parent l'a obtenu par usurpation du roi d'Allemagne , Dieu , comme nous croyons , l'a empêche par un juste jugement d'en demeurer maître (2). Et dans une autre lettre au même Géisa , parlant de Salomon, il dit ; Quand il a méprisé la noble seigneurie de saint Pierre pour se soumettre au roi d'Allemagne, le Seigneur, voyant linjure faite au prince des apôtres, a fait passer en votre personne, par son jugement, la puissance duroyaume.En sorte que, s'il y a eu quelque droit auparavant , il s'en est privé par cette usurpation sacrilège.

Quant au royaume de Dalmatie, le pape Grégoire écrivit ainsi à un seigneur nommé Yézelin (2) ; Nous sommes fort étonnés qu'ayant promis depuis long-temps d'être lidéle à saint Pierre et à nous , vous voaliez maintenant vous élever contre celui que l'autorité apostolique a établi roi en Dalmalie. C'est pourquoi nous vous défendons de la part de saint Pierre de prendre les armes contre ce roi ,

f>arce que l'entreprise que vous feriez contre ui seroit contre le saint-siége Si vous avez quelque sujet de plainte, vous devez nous demander justice et attendre notre jugement. Autrement sachez que nous tirerons contre vous le glaive de saint Pierre , pour punir votre audace et la témérité de tous ceux qui vous favoriseront en cette entreprise.

Grégoire 4^lendoit ses prétentions jusque sur les Russes, comme on voit par cette lettre à

(1) Lamb. an. 1074, p. an.lOit;n,Ep.63;Vi,Ep.70. 211; 11, Kp. 13. Herman. (2) vu, Ep. 4.

leur roi , Démétrius : Votre flls , visitant les tombeaux des apôtres, est venu à nous, et nous a déclaré qu'il vouloit recevoir ce royaume de nos mains, comme un don de saint Pierre en lui prêtant serment de fidélité , nous assurant que vous approuveriez cette demande. Et , comme elle nous a paru juste , nous la lui avons accordée , et nous lui avons donné votre royaume de la part de saint Pierre (1). EnGn le pape se prélendoit en droit de terminer les différents entre les princes pour leurs états , comme il paroît par une lettre à Bérenger, évêque de Girone, où il l'exhorte à apaiser la contestation survenue entre les deux fils du comte Raimond Bérenger ; puis il ajoute : Vous devez leur inculper fortement que , s'ils nous désobéissent et demeurent dans l'inimitié fraternelle, nous ôterons la grâce de saint Pierre à celui qui sera cause que celte paix ne se fera point , et nous le retrancherons avec tous ses fauteurs de la société des chréliens : en sorte qu'il ne puisse plus désormais obtenir aucune victoire à la guerre, ni aucune prospérité dans le siècle. IVIais, pour celui qui consentira à la paix et rendra obéissance au saint-siége , nous lui accorderons la protection invincible de saint Pierre, nous lui procurerons toute sorte de secours pour obtenir l'héritage de son père, et nous ordonnerons à tous les chrétiens de ces quartiers-là de l'aider et favoriser en toutes choses. Ces exemples sulTisent pour montrer l'idée qu'avoit Grégoire Vil de l'autorité du saintsiége , et qu'il vouloit persuader à tout le monde , que toutes les puissances temporelles dépendoient de la puissance spirituelle du pape (2).

On trouve certaines maximes rapportées entre les lettres de Grégoire VII , sous le nom de Dictaïus papœ ^ comme qui diroit, sentences du pape , mais dont on ne sait point l'auteur. Ce sont vingt-sept arlicles, dont les uns sont vrais , comme , que l'église romaine n'a été fondée que par Notre Seigneur ; que le légat du pape, quoiqu'il soit d un rang inférieur, préside tous les évêques dans les conciles; que les causes majeures de toutes les églises lui doivent être portées ; que l'église romaine n'a jamais erré , et qu'on ne lient point pour catholique celui qui n'est point d'accord avec l'église romaine (3). Tout catholique conviendra de ces cinq articles.

Mais il y en a de manifestement faux , savoir, que le pape élu canoniquement devient saint indubitablement , suivant le témoignage d'Ennodius, approuvé par le pape Symmaque; que le pape seul peut porter les ornements impériaux , ce qui est pris de la <fonalion de Constantin ; qu'il n'y a que lui dont on récite le nom dans les églises. Quelques-uns de ces articles sont tirés des fausses décrétales, et

(1) II, Episl. 14; VI, Episl. 10.

(2) Lib.ii.post.Kpisl.55.

Ande J.-C. 1081.

contraires à l'ancienne discipline ; savoir, qu'il n'y a que le pape qui puisse déposer les évêques ou les rétablir; q.i il n'y a que lui qui puisse les transférer, ériger de nouveaux èvêchés, diviser les anciens ou les unir ; que lui seul peut faire de nouvelles lois. Enfin, entre ces arlicles est la maxime nouvelle, introduite, ou plutôt supposée comme constante par Grégoire VII : que le pape peut déposer les empereurs, et absoudre les sujets du serment de tidelilé fait aux princes injustes Ces articles n ont aucun rapport avec la lettre qui les précède, ni avec celle qui les suit, et il n'y a aucune preuve que Grégoire Ali les ait dictés, ni au concile de l'an mil soixante-seize, ni ailleurs. Ainsi ils n'ont aucune aalorité par eux-mêmt»s (1).

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