‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1552 sur 2407 · XVIII. Lambert, usurpateur du siège de Térouane · texte numérisé non relu

XVIII. Lambert, usurpateur du siège de Térouane

En France, Hubert, évéque de Térouane, contraint de renoncer à son siège, se retira au monastère deSaint-Rertin ; et un nommé Lambert fut élu évêque à sa place par l'autorité de Robert le Frison, comte de Flandre. Le clergé de Térouane s'en plai^^nit, et Lambert fut excommunié au concile de Meaux , par Hugues , archevêque de Lyon , et Amè, évêque d Uleron, légats du pape. C'est apparemment le concile de Meaux , tenu le dix- neuvième d'octobre mil quatre-vingt-deux, où, après la mort de Gautier, Robert, abbe de Rebais, fut ordonné évêque de Meaux. Mais, parce que le légat Hugues avoit fait cette ordination sans le consentement de Rirher, archevêque de Sens et de ses suffragants , ils excommunièrent Robert , et ordonnèrent à sa place un autre Gautier, qui demeura évêque de Meaux (*2).

Lambert, élu évêque de Térouane, fut donc condamné en ce concile, pour s'enêtrefui de son église sans congé, et pour avoir pris prisonniers cinq clercs qui vouloient aller au concile

(1) Sup liy LX, n. 31.

'M (ia!l. Christ, toiii. 5, p. 430. Grog. lib. ix, Ep.

3i, tom. X , p. 401. Gall.

Christ, to. J.

AndcJ.-C. 1084. ]

de R«rtie porter leur plainte contre lui. Mais, nonobstant l'exconmmnication des légats, il se fit ordonner diacre, prêtre et évêque, par des évêques suspendus de leurs fonctions. Ensuite le comte de Flandre vint avec ses troupes le mettre en possession à main armée; et, comme on avoit fermé les portes de l'église, il les fit rompre à coups de hache. On avoit mis devant les portes fermées un crucifix, tenant à sa main une protestation contre Lambert, qui, en l arrachant, rompit la main du crucifix A son entrée dans légllse, quelques-uns du clergé furent blessés, les autres mis en fuite, et il fit piller les maisons de tous ceux qui ne voulurent pas communiquer avec lui. Le comte de Flandre chassa de ses terres tous les clercs qui refusèrent d'obéir à Lambert, après les avoir dépouillés de tous leurs biens.

3Iais lorsque Lambert se fut mis ainsi en possession, deux gentilshommes du pays employèrent U»s mêmes moyens pour le chasser, lis enfoncèrent les portes de l'église, et en pillèrent l'argenterie et les ornements. Ils tirèrent Lambert de l'autel devant lequel il étoit prosterné, et lui coupèrent la langue et les doigts de la main droite. Il alla à Rome se plaindre de cette violence, et le comte écrivit au pape en sa faveur; de sorte que le pape, qui n'avoit pas encore reçu les lettres de l'archevêque de Lyon , fut touché de compassion , et donna à Lambert l'absolution de 1 excommunication proncmcée contre lui , après toutefois lui avoir fait jurer qu'il subiroit le jugement du saint-siége ou deslc»gats, touchant levêché de Térouane. Le pape écrivit une lettre menaçante aux deux gentilshommes qui l'a- TOient ainsi maltraité, leur ordonnant, sous peine d'excommunication, de faire satisfaction pour ce crime au jugement de l'archevêque de Lyon et de l'abbé de Clugny, ses légats. Il écrivit aussi à l'archevêque de i yon d'assembler un concile pour examiner soigneusement cette affaire (1). Et comme il dit, vous êtes suspect à l'èvêquo Lambert, parce que vous êtes mal avec le roi de France, vous prendrez avec vous l'abbé de (>lugny, et vous userez de miséricorde avec Lambert, autant que la justice le permet, tant à cause de la peine qu'il a prise de venir à Rome, qu'en considération du comte Robert.

Ensuite le pape, mieux informé, écrivit au comte pour l'obliger à abandonner Lambert; mais le comte méprisa ses lettres, et dit des paroles outrageantes à ceux qui en étoient les pjrteurs. Après donc lui en avoir écrit deux fois inutilement , le pape s'adressa aux évêques et aux seigneurs de son obéissance , particulièrement à Gérard de Cambrai, Ratbod de Noyon et Roricon d'Amiens, et leur ordonna d'exhorter fortement le comte à ne plus soutenir cet apostat. Enfin , un autre Gérard ayant

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