‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1553 sur 2407 · XIX. Saint Arnoul de Soissons en Flandre · texte numérisé non relu

XIX. Saint Arnoul de Soissons en Flandre

Arnoul , archidiacre de Térouane et prévôt de Saint-Omer, étoit à la tête de ceux qui se plaignirent au pape de l'intrusion de Lambert, et delà protection que lui donnoit lecomte Robert. Or, cet archidiacre étoit d'ailleurs odieux a . comte, parce qu il étoit entré dans la conjuration de plusieurs nobles, qui vouloient chasser Robert comme usurpateur et violent, et reconnoître pour comte de Flandre Baudouin, comte de Hainaut, fils de son frère amè, prince plus doux (2). Robert, ayant découvert ce complot, prit les conjurés, en fit mourir quelques-uns et bannit les autres, après les avoir dépouillés de leurs biens et de leurs dignités. De ce nombre fut l'archidiacre Arnoul, qui, après avoir été long-temps en exil, s'avisa d'aller à Rome et de porter ses plaintes au pape Grégoire. Le pape en fut touché , et résolut d'écrire au comte Robert pour l'exhorter à pardonner à ceux qui avoient encouru sa disgrâce, ou du moins leur donner la liberté de se justifier, mais il ne se trouvoit personne qui voulût se charger de ses lettres. Enfin le pape jeta les yeux sur Arnoul, évêque de Soissons , dont la réputation étoit venue jusqu'à lui , et il lui manda de présenter au comte les lettres et les personnes dont il étoit question.

Arnoul , ayant été empêché d'entrer à Soissons par la violence que j'ai marquée, faisoit sa résidence à Ouchi , et ne laissoil pas de s'acquitter de tous les devoirs d'un bon évêque (3). Car les curés et les anciens du cierge venoient le trouver, et le peuple y accouroit. 11 prêchoit, il donuoit la confirmation, la pénitence et les autres sacrements; et on rapporte plusieurs miracles qu'il fit en ces commencements de son épiscopat. Ayant donc reçu les lettres du pape, il alla à Lille, et les présenta au comte Robert. Tandis qu'on les lisoit, quelques-uns des disgraciés qui avoient suivi Tevêque, s'étant coulés secrèlement, prirent le comte par les pieds. Il en fut d'abord furieusement irrité, comme il parut à ses yeux et à tout l'air de son visage ; mais Dieu le toucha , et , tant à la considération du saint évêque que pour le respect du saint-siége, il leur pardonna et leur accorda la vie et les biens.

(1; IX, Epist. 30} ix,£pist. 3.

^1^ îx, Epist 34, 1. Gall.

Christ, to 2, fol. 4;iO.

(2; l\, Epist. 34. ViU S.

Arn. Supss. Ilb. rr, c. i3.

SaBC. 6, Dm par. 2, p. 5J5 C3; Vilan. 7.

HISTOÏKE DU CHRISTIANISME.

[An de J.-C. lOW.

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Toule la Flandre étoit ploino de meurtres, ' pandu dans toule la ville, le p' uple se saisit du et ses h bitants si accoutumés au sang, quils ; coupable, et malgré l'empereur h- mit en piè-

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