XXXIX. Fin de saint Arnoul de Soissons
En France, saint Arnoul, évéque de Soissons, mourut un mois avant le pape Victor. Quand /]fcvinl à ^on diocèse en mil quatre-vingtquatre, comme il y étoit extrêmement désiré, il fut reçu avec une joie universelle. Mais il apprit bientôt la mauvaise conduite du roi Philippe , qui ne se mettoit point en peine de réprimer les crimes, et donnoit sans choix les évêchèset les abbayes (1). Pour surcroît d'affliction il voyoit l'église de Reims, sa métropole, après la déposition de Alanasèss , abandonnée à Elinand, évéque de Laon, qui, sous l'autorité du roi , la pilla plutôt qu'il ne la gouverna, pendant deux ans. On ne tenoit point de conciles , et on ne rendoit point de jugements ecclésiastiques. Saint Arnoul, voyant donc qu'il ne pouvoit faire aucun bien dans son diocèse, renonça à l'épiscopat, et retourna à son ancienne réclusion au monastère deSaint- Médard de Soissons , ne voulant plus songer qu'à se préparer à la mort.
Hilgot fut fait à sa place évéque de Soissons, et en cette qualité il assista à un concile tenu à Compiègne en mil quatre-vingt-cinq, où présida Renauld, archevêque de Reims, et où se trouvèrent neuf autres évêques, savoir: Elinand de Laon , Roger de Châlons , Ursion de Beauvais, Ursion de Senlis, Roricon d'Amiens, Ratbot deNoyon, Gérard de Cambrai, Geoffroy de Paris et Gautier de Meaux. 11 y avoit aussi dix-neuf abbés. En ce concile on déposa Evrard, abbé deCorbie, et on confirma les privilèges de l'église de Saint-Corneille de Compiègne , servie alors par des chanoines (2). Le nouvel archevêque Renauld étoit auparavant trésorier de l'église de Tours , homme distingué par sa vertu, par sa doctrine et sa noblesse, car il étoit de la famille du Bellay. Il commença à rétablir la discipline dans l'église de Reims, dont il tint le siège au moins dix ans.
Il n'y avoit guéres que deux ans que saint Arnoul étoit rentré dans sa réclusion , quand les plus nobles delà ville de Wuttembourg vinrent, avec un moine du monastère qu'il y avoit fondé , le prier de retourner en Flandre apaiser les désordresqui recommençx)ient. Le saint homme , quoique persuadé que sa mort étoit
(1) Sup. n. 19. Vita, liv. n, c. 20. Mabill.Observ. |). 505.
(2) To. X, p. 400. Marlot tom. 2, lib. u, c. 4
HISTOlllE DU CHRISTIANISME.
[ An de J.-C. I088.
proche, ne laissa pas d aller avec eux , et arriva Les évéques étant disperses de toutes parts jl a Wuttembourg le dix-lmitième de juillet mil vint de fréquentes deputations, tant des {(( quatre-vingt-sept. Il demeura sept jours en , mains que de ceux de deçà les monis, et de |, &ante, préchant la parole de Dieu ; mais le jour 1 comtesse Mathilde , pour h>s prier de s'assem