LIV. Ccronger, archevt^que de Tarragone
La même année mil quatre-vingt-dix, vers la Pentecôte, le pape Lrbain lit lenii |)ar s<»s légats un concile à Toulouse, où assistèrent les évéques de diverses provinces, et on y corrigea plusieurs abus. L'evtkiue de Toulouse» s'y purgea canoniquement d( s crimes dont il éloit accuse; et, à la prière du roi de Castille, on envoya une légation à Tolède, pour y rétablir la religion. Hernard, archevêque de Tolède, retournant de Kome en Espagne, assista a ce con( ile avec le cardinal Kainier, nouveau légat pour l'Espagne (2).
Kainier passa en Catalogne, où il reçût au nom du pape la donation de lk»renger, comte de Barcelone, qui donna à l'église^ romaine la ville de Tarragone, reconnoissant que lui et ses successeurs ne la tiendroient désormais que comme vassaux du pape, et lui en payeroient tous les cinq ans vingt-cinq livres pesant d'argent. Ce qu'il (il par h» conseil de Bérenger, nouvel archevêque de Tarragone, et de lévéque de Girone, nommé aussi Bérenger.
Cette donation facilita le rétablissement de la mélnjpolede Tarragciue, nonobstant l'opposition de Dalmace, arehevcVjue de Aarbonne (3), qui , sur la lettre que le pape avoil écrite aux seigncnirs de Catalogne, étoit venu à Rome soutenir ses droits. Le pape lui demanda s'il avoit des privilèges du saint-siège pour établir la primalie qu il pretendoit sur la province de Tarragone. Dalmace répondit que son église en avoit eu , et qu il c»speroit les trouver; surquoi le pape écrivit à Kainier, son légat, que si ces privilèges ne se trou voient point, il travaillât avc»c les scMgneurs du pays à rétablir l'église de Tarragone (4). Ce fut,
(1) Berthold. 23, q. 5, i. r3 Marca Hisp. lib. iv,
(2 lîerlhold. 1090 [\o- i Ta. i\. Cour, p 374.
denc. VI, Hbl. c. 27, lo. A, Aup. Mar. Hisp. ii. U.
Conc. p. A'ifi. f rr f
comme l'on croit, à cette occasion que l'on fabriqua une lettre sous le nom du pape Etienne, qui devroil être Etienne V, où l'on suppose qu'il est venu tenir un concile à Troyes en Ctiampagne, par ordre d'un empereur Odon, ui ne fut jamais ; et dans cette lettre il est it que, quand même l'église de Tarragone seroit rétablie en son premier état, elle demeurera toujours soumise à celle de Narbonne. Quoi qu il en soit de cette pièce, le pape Lrbain 11 n'y eut point d'égard, et il rendit le droit de métropole à l'église de Tarrag(me, où il transféra Bérenger d'Ausone, comme ayant été par ses soins le principal auteur de c;e rétablissement. H lui accorda le palliuin,etlui permit, à lui et à s<'S successeurs, de garder l'église d'Ausone jusqu'à l'entier établissement de celle de Tarragone. C'est ce c|ui paroil par la bulle doiniée ii Capoue le premier de juillet mil quatre-vingt-onze.