LV. Concile de Bénévent
Dés le commencement de la même année, le pap;* demeuroit en Campanie, quoiqu'il eût pu aisément entrer dans Kome avec une armée et soumettre les rebelles; mais il aimoit mieux soutenir ses droits avec douceur (1). Les schismatiques demeuroient donc les plus forts à Kome, où ils surprirent la tour de Crescence, c'est-à-dire le château Saint- Ange, qui jusque-là avoit tenu pour le pape ; et la prise de Mantoue leur haussa le courage. Car l empereur Henri, qiii l'assiégeoit depuis un an, s'en rendit maître le vendredi-saint, onzième d'avril ; après quoi les Komains permirent à l'antipape Guibert de rentrer dans Rome, d'où ils l'avoient chassé depuis deux ans.
Cepc»ndant le pape Urbain tint un concile à Kénevent, le vingt-huilième de mars, où on réitéra l'analhème contre Guibert et ses complicc^s, et on fit quatre canons. On n'élira point d'évéque à l'avenir qu il ne soit dans les ordres sacrés, c'est-à-dire la prêtrise ou le diaconat, car ce sont les seuls sur lesquels l'apc'itre nous donne des règles. Nous ne permettons d'élire évéques des sous-diacres que trèsranMnent, et par permission du pape et du métropolitain (-2; JNous interdisons les prêtres qiii servent dans les églises au delà du nombre prescrit, sans la permission de l'évoque, et qui ont obtenu des dîmes des laïques. Aucun laïque ne mangera de la chair depuis le jour des cendres; et ce jour-là tous, clercs, laïques, hommes et femmes, recevront des cendres sur leur tête. Défense^ de contracter mariage depuis la Septuagésime jusqu'à l'octave de la Pentecôte, et depuis l'Avent jusqu'à l'octave de l'Epiphanie.
U; Berthold. auo. 10^1. ^2) Sup. n. i6; to. X, p.