‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1588 sur 2407 · LVI. Eglise d'Espagne · texte numérisé non relu

LVI. Eglise d'Espagne

En Espagne , on tint un concile à Léon, à l'occasion des funérailles de Garcias, roi de Galice, frère d'Alphonse, qui le tenoit en prison depuis vingt ans. Ce concile se tint l'an mil quatre-vingt-onze, ère onze cent vingtneuf. Le cardinal Kainier, légat du pape, y assista avec Bernard, archevêque de Tolède, et plusieurs autres évc^ques. On y résolut que les offices ec!clésiasliques seroient célébrés en Espagne suivant la règle de saint Isidore, c'est-à-dire la lettre à Ludfred ouLandfroy, évéque de Cordoue, où il marque succinctement les devoirs de chaque ordre et de chaque oflfice (1). On ordcmna aussi qu'à l'avenir les écrivains se serviroicmt de l'écriture j-auloise dans tous les actes ecclésiastiques, au lieu de la gothique, qui etoit en usage à Tolède.

On avoit dc^à établi l'oflice de l'église gallicane, qui étoit le romain, à la place du mosarabe, qui étoit l'ancien office d'Espagne (2). Car, du temps du légat Kiehard , il y eut une grande dispute à Tolède sur ce sujet. Le roi Alphonse, à la persuasion de la reine Constance, vouloit introduire l'otfice gallican, et le légal l'appuyoit; le clergé, la noblesse et le peuple ne vouloient point de changement. Enfin l'on convint de décider le diflercmt par un duel. Le champion de l'office de Tolède, qui étoit un chevalier de la maison de Matance, vainquit le champion du roi, au grand contentement de tout le peuple; mais le roi, poussé par la reine , ne se rendit pas , et soutint que le duel n'etoit pas un jugement légitime. On convint donc de tenter l'épreuve du feu, et, après un jeûne et des prières, on alluma un grand feu, où l'on mit les deux livres. Le livre de l'office gallican fut consumé, et celui de l'office de Tolède s'éleva au-dessus des flammes. Mais le roi ne voulut pas en avoir le démenti, et ordonna que l'office gallican seroit reçu partout, menaçant de mort et de perte de leurs biens ceux qui résisteroient; toutefois quelques églises conservèrent l'ancien office, et continuèrent de réciter l'ancienne version du psautier. C'est ce que rapporte Rodrigue, archevêque de Tolède , qui vivoit cent cinquante ans après.

Au concile de I .éon, de Tan mil quatre-vingtonze, on traita aussi de raflaire de l'église de ComposteIle(3j. Pierre, ordonné par le légat Kiehard en mil quatre-vingt-huit, fut déposé; mais Diégue ne fut pas rétabli, et ensuite l'on donna ce siège à un abbé, nommé Dalmace, de l'ordre de Clugny.

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