XVIII. Neuvième session
Ce fut la neuvième tenue le lendemain , huitième de mars. Macaire d'Antioche n'y assista pas et il ne paroît plus au concile , m personne pour son siège , jusqu'à la quatorzième session (3). Constantin, diacre et primicier des notaires du patriarche de Constantinople, avertit que quatre évêques, savoir, Pierre de Nicomédie, Salomon de Clanée, Antoine dHypèpe et Théodore de Mélitine, demandoient a entrer avec sept clercs, dont le dernier eloit le moine Etienne, disciple de Macaire. C'est qu ils avoient été exclus du concile , comme suspects d'hérésie. On les fit entrer ; puis on continua l'examen du premier volume des passages produits par Macaire (4). On vint à un passage de saint Athanase sur ces paroles de^ Jesus- Christ (5) . Mon père , s'il est possible que ce calice s'éloigne de moi ; où saint Athanase dit: Il montre ici deux volontés, l'une humaine , qui est celle de la chair, et l'autre divine. Sur quoi Basile , évêque de Gortyne , dit • Voyez , seigneur, loin de prouver 1 unique volonté, comme ils promettoient , ils ont prouve clairement les deux volontés par ce passage. Le moine Etienne répondit : Saint Grégoire le théologien prouve clairement l'unique volonté de Jésus-Christ, en disant : Son vouloir n'étoit point contraire à Dieu, étant tout divinisé (6). Basile répondit : Quelle volonté pretendez-vous qui ait été divinisée? la divine ou l'humaine? Si vous dites que c'est la divine, ce qui est divin n'a pas besoin d'être divinise ; si c'est l'humaine, il a deux volontés ; et vous le prouverez, malgré vous , par ce même passage. Domitius de Prussiade dit : Je demande que le moine George, condisciple d Etienne, loii interrogé sur la doctrine de Tyane.On l interrogea, et il répondit: Il dispute toujours conlrllesentimentdes pères, c'estleur ennemi.
On examina ensuite un passage de saint CyriUe , qui se trouva tronqué ; puis le concile
(1) Athan. n, cont. AdoI. (5) Mallh^ ^iJ^l/o^-^-^iH' D 6 044, Aug. V. cont. Jui. de Inc. tom.l, p. 887, tdit.
(2) Lib. 11, ad Grat. c. 3. 1698
(3) P. 773, D. C^) vra«. ï, laeoi.
dit, parlant à Etienne (i) : Tant s'en faut que vous et Macaire , votre maître , ayez prouve l'unique volonté de Jésus-Christ par ce volume que vous avez produit (2) ; au contraire , nous y avons trouvé que saint Athanase enseigne clairement deux volontés ; quoique vous ayez tronqué et obscurci les passages à votre ordinaire. C'est pourquoi, comme convaincu d'avoir corrompu la doctrine des pères , et suivi ceUe des hérétiques, nous vous déclarons déchus de toute dignité et fonction sacerdotale. Quant aux évêques et aux clercs ici présents , qui se sont repentis , et ont confessé avec nous la foi orthodoxe , nous ordonnons qu'ils reprendront leurs places , à la charge de donner leur confession de foi par écrit à la première session (3). Le concile s'écria : Longues années à l'empereur ; chassez l'hérétique ! Malheur au nouvel Eutyques, malheur au nouvel Apollinaire!
Chassez l'hérétique ! On chassa en effet le moine Etienne, et les clercs de Rome le poussèrent par les épaules hors de l'assemblée (4). Les quatre évêques et les six clercs suspects dirent qu ils étoient prêts de donner leur confession de foi. Le concile déclara que , dans la prochaine session on vériGeroit le recueil des passages produits par les Romains , sans examiner les deux autres volumes produits par Macaire , attendu que les passages qu'ils contenoient ne faisoient point au sujet. Ainsi flnit la neuvième session.