‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1623 sur 2407 · XVIII. Saint Nicolas Pérégrih · texte numérisé non relu

XVIII. Saint Nicolas Pérégrih

C'est le temps où saint Nicolas Pérégrin se fcùsoit admirer dans la Pouille. Il étoit Grec, né dans l'Attique, en un village près de Stérion, monastère fameux de saint Luc le jeune. Ses parents étoient pauvres, et il n'apprit ni les lettres ni aucun métier; mais, dés 1 Age de huit ans, sa mère 1 envoya garder des moutons (1). Dès lors il commença à chanter tout haut Kyrie eleison ^ ce qu'il faisoit jour et nuit, et cette dévotion lui dura toute sa vie. Sa mère, n'ayant pu l'en détourner, le crut possédé du démon, et le mena aux moines de Slérion , qui l'enfermèrent et le maltraitèrent, sans lui pouvoir faire quitter son chant. Il souffroit tout patiemment, mais il recommençoit toujours Kyrie eleison. Etant retourné chez sa mère, il prit une cognée, une hache et un couteau, et, montant sur la montagne, il coupoit du bois de cèdre dont il faisoit des croix, qu'il plantoit sur les chemins et dans les lieux inaccessibles, louant Dieu continuellement.

Il se bâtit sur celte montagne uUe petite cabane de bois , et y vécut quelque temps seul, travaillant sans cesse. Ensuite il vint à Naupacte ou Lépante, où un moine, nommé Barthélémy, se joignit à lui , et ne le quitta plus. Ils s'embarquèrent et passèrent à Otrante, en Italie, et de là en divers lieux, où Nicolas étoit traité, tantôt comme un saint, tantôt comme un insensé. Il jeûnoit tous les jours jusqu'au soir, sa nourriture n'étoit qu'un peu de pain et d'eau*, et toutefois il n'étoit pas maigre. Il passoit la plupart des nuits à prier debout. Il étoit vêtu seulement d'une tunique courte jusqu'aux genoux , les jambes et les pieds nus, aussi bien que la tête. Il portoit à la main une croix légère de bois, et en écharpo une gibecière, où il mettoit les aumônes qu'il recevoil, et qu'il employoit principalement à acheter des fruits pour donner aux enfants qu'il menoit avec lui, chantant aussi Kyrie eleison.

Ce fut en Italie qu'on le surnomma Peregrinus^ c'est-à-dire étranger, et il y fit plusieurs miracles, continuant toujours son chant, et exhortant tout le monde à la pénitence Mais ses manières extraordinaires le firent souvent maltraiter , quelquefois même par 1 ordre des évéques. Il passa àTarente, puis à Trani, où il tomba malade, et mourut le vendredi, second jour de juin mil quatre-vingtquatorze, étant encore tout jeune. On vint en foule le voir pendant sa maladie, et lui de-

(I) Sap.liY.LV,n.33.Vitaap. BoU.Sjun. to. 10,p.237.

Al» de J.-C. im;*.]

mîindef sa bénédicfiori; mais le concours fut encore plus grand à ses funérailles. Il fut enterré dans l'éçlise cathédrale avec une grande solenitlté, et il se fit à son tombeau grand nombre de miracles (1). On l'invoquoit particulièrement pour les naufrages , comme saint Nicolas de Myre.

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