‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1624 sur 2407 · XIX. Eglise d'Allemagne · texte numérisé non relu

XIX. Eglise d'Allemagne

Pendant la semaine sainte de la même année mil quatre-vingt-quatorze, Gébehard, évéque de Constance, et légat du pape en Allemagne, tint un concile dans son église avec un grand nombre d'abbés , de clercs et de seigneurs du pays (2). On y renouvela les défenses d'entendre l'office célébré par les prêtres sinponiaques ou incontinents. On ordonna que le jeûne du mois de mars se feroit toujours la première semaine de carême, et celui de juin la semaine de la Pentecôte, comme nous l'observons encore. Jusque-là le temps de ces jeûnes n'étoit pas réglé, comme il paroît par le concile de Sélingsladt, tenu en mil vingtdeux , qui nomme le jeûne des quatre-temps incertain (3). On ordonna encore à Constance qu'on ne fêteroit que trois jours , tant dans la semaine de Pâques que dans celle de la Pentecôte; au lieu qu'auparavant dans ce diocèse on fêtoit la semaine entière de Pâques et un seul jour à la Pentecôte.

Il y eut cette année une grande mortalité en Bavière, qui s étendit dans le reste de l'Allemagne, et même en France, en Bourgogne et en Italie; mais les plus sages ne jugeoient pas que ce fût un si grand mal (i). Car, comme presque personne ne guérissoit de cette maladie, la plupart de ceux qui en étoient attaqués se préparoient sérieusement à la mort, et paroissoient mourir dans de grands sentiments de pénitence. Ceux même qui restoient s'abstenoient du cabaret et des autres divertissements, couroient à la confession, et ne cessoient de se recommander aux prêtres. Il y avoit alors en Alsace un docteur, nommé IManegold de Lutenbach , qui profita merveilleusement de cette occasion pour l'utilité de la religion. Car, pendant cette mortalité, qui fut longue, toute la noblesse du pays venoit le trouver en foule pour se faire absoudre de 1 excommunication, en vertu du pouvoir qu'il en avoit reçu du pape, après quoi ils recevoient la pénitence et l'absolution de leurs autres péchés. Ils demeurèrent tous très-fidèles au pape Urbain, et ne vouloient point assister à rufTice des prêtres simoniaques ou incontinents. IVIanegold avoit fondé à Marbach un monastère de chanoines réguliers, entre lesquels il vivoit lui-même en communauté. Le

LivnE soîxante-quatrièmë.

(2) Berthold, to. x.Conc.

r3) Conc. Saleg. c. 2. V.

Sirm. ad GoflTr. m, Ep. 23.

(4) Berlhold.

pape Urbain avoit déjà modéré les excommunications à l'imitation de Grégoire VII, eu exceptant plusieurs personnes de la nécessité d'éviter les excommuniés.

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