‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1626 sur 2407 · XXI. Concile d'Âutun · texte numérisé non relu

XXI. Concile d'Âutun

Nous avons vu les plaintes de Hugues, archevêque de Lyon, contre le pape Victor III, et l'excommunication prononcée contre lui par ce pape au concile de Bénévent, en mil quatre-vingt-sept. Après la mort de Victor, Hugues reconnut le pape Urbain , et soutint qu'il ne s'étoit jamais séparé de la communion de l'église romaine. C'est ce qu'il témoigne dans une lettre écrite à la comtesse Mathilde, où il se plaint des insultes qu'il souffre de la part des moines de Clugny (1). Il dit que, le vendredi-saint de l'année précédente, leur abb(é, Hugues, prononça publiquement l'oraison ordinaire pour l'empereur, quoiqu'on l'eût omise depuis que Henri avoit été excommunié et déposé par le pape Grégoire. Et, quand je lui en demandai la raison, ajoutc»-t-il, se trouvant embarrassé , il répondit qu'il avoit dit cette oraison pour quelqu'empereur que ce fut. Et, comme nous lui remontrâmes que cette oraison ne se pouvoit entendre d'un autre que de l'empereur romain , il se tut , mais il ne voulut point se corriger de cette faute. Celte conduite de saint Hugues , abbé de Clugny, semble montrer qu'il reconnoissoit toujours Henri pour empereur , nonobstant l'excommunication.

L'archevêque Hugues se réconcilia si bien avec Urbain II , que ce pape le rétablit légat en France , comme il avoit été sous Grégoire VII. Ives de Chartres approuva extrêmement ce choix, et encouragea Hugues à accepter la commission Car il en faisoit difficulté à cause du trouble que le schisme causoit dans l'Église. Hugues donc, en qualité de légat, tint un concile à Autun, le seizième d'octobre de cette année mil quatre-vingt-quatorze , où assistèrent trente-deux évéques et plusieurs abbés ; on y remarque entre autres Raoul , archevêque de Tours , et Hoêl , évêque du Mans (2). On y renouvela l'excommunication contre l'empereur Henri et l'antipape Guibert, et l'on excommunia pour la première fois le roi de France , Philippe , pour avoir épousé Bertrade du vivant de sa femme légitime. On défendit aux moines de faire les fonctions de curés dans les églises paroissiales. On y jugea le différent entre l'archevêque de Tours et l'abbé deMarmoutiers, qui ne vouloit point lui prêter serment. Il en fut déchargé (3), et on ordonna aux parties de vivre en paix , ce qui fut mal observé. On y traita du ditférent entre

[AndeJ.-C.lOOS.

(1) Sup. 1. LXin, 11. 33, 35; to. IX, Conc. p. 416, ex.

to. VI, Spicil.

(2) Ep. 12, U, to. X. p.

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