‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1633 sur 2407 · XXV. Assemblée de Rochingham · texte numérisé non relu

XXV. Assemblée de Rochingham

A ce jour, le roi consulta de son côté , et l'archevêque du sien parla aux évêques en présence d'une grande multitude de clercs et de laïques (2). il leur représenta comme ils l'avoient contraint à accepter l'épiscopat , et qu'il n'y avoit consenti qu'à celte condition expresse , de demeurer dans l'obéissance du pape Urbain. Il conclut, en demandant aux évêques leur conseil , pour ne manquer à ce qu'il

(1) in, Episl. 2t.

(1) Sup. n.y.

(2) To. X, Conc. p. 494.

devoit ni au pape ni au roi. Ils s'excusèrent de lui donner conseil, disant qu'il étoit assez sage pour le prendre de lui-même , et se chargèrent seulement de rapporter son discours au roi. Anselme leur cita les passages de l'Evangile sur l'autorité de saint Pierre et des autres apôtres , et sur 1 obéissance due aux princes , et conclut ainsi -. Voilà à quoi je m'en veux tenir; en ce qui regarde Dieu, je rendrai obéissance au vicaire de saint Pierre , et en ce qui regarde la dignité temporelle du roi, mon seigneur, je lui donnerai fidèlement aide et conseil, selon ma capacité.

Les évêques , ne trouvant rien à répondre à ce discours , revinrent à l'archevêque , et lui dirent : Pensez-y bien , nous vous en prions ; renoncez à l'obéissance de cet Urbain, qui ne peut vous servir de) rien tant que le roi sera irrité contre vous , ni vous nuire quand vous serez bien avec le roi ; demeurez libre, comme il convient à un archevêque de Canlorbéry, réglant votre conduite par la volonté du roi, afin qu'il vous pardonne le passé ; et que vos ennemis, vous voyant rétabli dans votre dignité, soient chargés de confusion. Anselme demeura ferme, et demanda que quelqu'un lui prouvât, qu'en refusant de renoncer à l'obéissance du pape il manquoit à la fidélité qu'il devoit au roi. Mais personne n'osa l'entreprendre ; au contraire , ils reconnurent qu'il n'y avoit que le pape qui pût juger un archevêque de Cantorbéry.

Celui qui échauffoit le plus le roi contre Anselme, étoit Guillaume, évêque de Durham , homme qui avoit plus d'agrément et de facilité à parler, que de solidité d'esprit. 11 avoit promis au roi de faire en sorte qu'Anselme renonceroit au pape Urbain ou à l'archevêché, espérant par ce moyen monter luimême sur le siège de Cantorbéry. Le roi donc se plaignant aux évêques de l'avoir engagé mal à propos dans celte affaire, puisqu'ils ne pouvoient condamner Anselme, l'èvêque de Durham lui conseilla d'employer la violence, de lui ôter la crosse et l'anneau , et le chasser du royaume. Les seigneurs n'approuvèrent point ce conseil ; mais le roi ordonna aux évêques de refuser à Anselme toute l'obéissance , et n'avoir même aucun commerce avec lui , disant que , de sa part, il ne le regardoit plus comme archevêque. Les évêques le promirent et rapportèrent ce discours à Anselme, qui dit: Et moi , je vous tiendrai toujours pour mes frères et pour les enfants de l'église de Cantorbéry , et je ferai mon possible pour vous ramener de cette erreur : quant au roi , je lui promets toutes sortes de services et de soins paternels, lorsqu'il voudra bien le souffrir. Le roi commanda aux seigneurs de faire comme les évêques, et de renoncer à l'obéissance et à l'amitié d'Anselme. Us répondirent : Nous ne sommes point ses vassaux , et ne lui avons point fait de serment ; mais il est notre archevêciue , il doit gouverner en ce pays-ci la re-

HISTOIRE DU CIIRISTIANISME.

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An de J.-C. 1095.J

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