XXXIII. Le pape dédie plusieurs églises
Après le concile de Clermont, le pape alla à Saint Flour, qui étoit un prieuré de Clugny. II en dédia l'église , et y fit quelque séjour à cause de la maladie et de la mort de Jean , évêque de Porto, qui l'accompagnoit. C'étoit au commencement de décembre. De là le pape passa à Aurillac , puis à Uzerche , d'où Bernard , archevêque de Tolède, tira un moine, nommé Maurice Bourdin , en qui il voyoit de grandes qualités, et l'emmena avec lui. Ce Bourdin ne devint que trop fameux dans la suite. Le pape arriva à Limoges le vingt-troisième de décembre , et y célébra la fête de Noël mil quatrevingt-quinze. Il dit la messe de la nuit dans l'église des religieuses de Notre-Dame-de-la- Règle (2), celle du point du jour à Saint-Martial ; et, après avoir prêché, il retourna à Saint-Etienne , qui est la cathédrale , portant sa couronne pontificale , et y fit le reste de l'office. Le lendemain de la fête des Innocents, il dédia la cathédrale ; le jour suivant , qui étoit dimanche , il se reposa, et le lundi , dernier jour de décembre, il dédia l'église du monastère de Saint -Martial, réparée depuis peu. En cette cérémonie il étoit accompagné de cinq archevêques , Hugues de Lyon , Aubert de Bourges, Amat de Bordeaux, Daïbert de Pise , Ranger de Rége , et de six évêques , Brunon de Segni, Pierre de Poitiers, Arnoul de Saintes , Ramald de Périgueux , Raymond de Rhodes, Humbaud de Limoges. Ils faisoient autour de l'église les aspersions de l'e^u que le pape avoit bénite; mais le pape consacra de sa main le grand autel dédié à Saint-Sauveur.
Humbaud, évêque de Limoges, fut accusé devant le pape, qui étoit encore à saint Martial , et convaincu d'avoir falsifié ses lettres (3). C'est pourquoi il fut déposé publiquement , et se retira à saint sévère en Berri , dont les seigneurs étoient ses frères, et y vécut long- temps en simple laïque. Son successeur fut Guillaume, prieur de Saint-Martial.
Le pape célébra à Poitiers la fête de Saint- Hilaire le treizième de janvier mil quatrevingt-seize, et le vingt-septième du même mois il dédia l'église de Moùtier- JVeuf. De là il passa à Angers, où, le dixième de février, il dédia l'église du monastère de Saint-Nicolas. En ce voyage il prêchoit partout la croisade, et il fixa le jour du départ des croisés à l'Assomption de Notre-Dame de la même année. Ce fut à Angers qu'il apprit la mort de Renaud archevêque de Reims , arrivée le vingt-unième de janvier, et il confirma l'élection faite de Manassès, prévôt de la même église, qui lui
Cl) Chr. Gauf. Vos. to.
2, Bibl. Lab. p. 2^2. Sup.