XLV. Les croisés à Conslanlinople
Vers le printemps de cette année mil quatrevingt-dix-sept , le pape Urbain vint à Thiéle, où il eut une conférence avec les évéques et les seigneurs louchant la croisade (3), et y exhorta tout le monde. Robert, duc de Normandie, et Etienne, comte de Rlois, qui avoient passé l'hiver en Pouille, s'embarquèrent à Brindesle cinquième d'avril, qui étoit le jour de PAques. Bocmond étoit au siège d'un château en Campanie avec le comte Roger, sou oncle, quand il apprit la nouvelle de la croisade (4). Il s'informa soigneusement de la qualité des seigneurs croisés et de leurs troupes; et quand il en fut bien instruit, il se lit apporter une pit'ce de drap de soie qu'il lit couper en petits morceaux , et en distribua dvs croix à tous ses gens, en gardant une pour lui, car la marque de ces pèlerins étoit une croiv rouge cousue sur l'épaule droite. Aussitôt tous les compagnons de Boémond s'écrièrent en françois du temps : Dcus lo volt ! Deus lo i'olt ! comme on avoit fait à (>lermont.
AndcJ.-C. 1097]