LIVRE SOiXANTE-QLATRlEME
qu'aucun chrétien garde des lois ou des coutumes qui sont contraires aux lois divi es. Vous dites qu'il est contre voire coutume que j'aille consulter b; vicaire de Saint-Pierre pour le salut de mon àrae et pour le gouvernement de mon église ; et moi je vous déclare que cette coutume est contraire à Dieu et à la droite raison, et que tout serviteur de Dieu la doit mépriser. Enfin le roi lui permit d'aller à Rome, et Anselme, avant que de le quitter, voulut encore lui donner sa bénédiction , que le roi reçut en baissant humblement la tête , et admirant le courage du prélat. C'est ainsi qu'Anselme se sépara de lui le jeudi quinzième d'octobre mil quatre-vingt-dix-sept.
11 passaaCanlorbéry, où il consola les moines (le la cathédrale, et les exhorta à souffrir constamment la persécution qui k'smenaçoit pendant son absence. Puis en présence de tout le clergé et le peuple, il prit le bourdon et la gibecière du pèlerin, et les recommanda à Dieu, fondant tous eu larmes. A Douvres, il trouva un clerc nommé Guillaume , envoyé par le roi, qui ne lui dit rien pendant quinze jours qu'il attendit le vent ; mais quand il fut prêt à s'embarquer, il l'arrêta sur le rivage de la part du roi [)our visiter son bagage H fallut ouvrir toutes les malles, et laisser fuuiller partout, au grand scandale du peuple amassé à ce spectacle, qui détestoit hautement cette
indignité.