‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1695 sur 2407 · LIVRE SOIXANTE-CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SOIXANTE-CINQUIÈME

clelerre sous les deux rois précédents , et venoit d'être nommé à l'arcbevéché d'York , vacant par le décès de Thomas , arrivé le dixhuitième de novembre mil cent; ainsi Girard alloit demander le pallium Hébert transféra depuis son siège à Norwik , et il alloit poursuivre la restitution de sa juridiction sur l'abbaye de Saint-Edmond.

Le roi d'Angleterre , ayant donc reçu cette lettre , fit venir Anselme à la cour , où éloit le duc de Normandie , son frère , furieusement animé contre ce prélat , comme lui ayant fait perdre le royaume (i2). Par le conseil du duc et de ses amis, le roi voulut obliger Anselme à lui faire hommage , et à sacrer , comme avoient fait les archevêques, ses prédécesseurs, ceux à qui il donneroitdesévêchès et des abbayes, sinon à sortir promptemenl du royaume. Anselme répondit : Je vous ai déjà dit comme j'ai assisté au concile de Rome , et ce que j'ai appris du sainl-siége. Si donc je me soumets moimême à l'excommunication que j'ai rapportée en ce royaume , avec qui pourrai-je communiquer ? Les députés , qui étoient allés demander la révocation de ce décret , sont revenus sans rien faire. Le roi répliqua : Que m'importe? Je ne veux pas perdre les droits de mes prédécesseurs , ni souffrir piTsonne dans mon royaume qui ne soit à moi. J'entends, dit Anselme , à quoi cela tend ; cependant je ne sortirai pas du royaume , j'irai à mon diocèse faire mon devoir , et je verrai qui entreprendra de me faire violence. .

Il n'a voit pas été long-temps chez lui, quand le roi lui manda de le venir trouver, et qu'il vouloit apporter quelque tempérament a sa première résolution. H vint donc à W incbester, où , dans l'assemblée des évéques et des seigneurs , on résolut de prendre un autre délai, et d'envoyer à Rome des personnes plus considérables pour déclarer au pape qu'il falloit qu il se relâchât , autrement qu'Anselme seroit chassé d'Angleterre avec les siens, et que le pape perdroit l'obéissance de ce royaume, et le revenu qu'il en tiroil tous les ans. Anselme envoya de sa part deux moines, Baudouin du Bec et Alexandre de Cantorbèry , non pour persuader au pape de se relâcher , mais pour lui rendre un témoignage non suspect des menaces de la cour d'Angleterre, et pour rapporter fidèlement à l'archevêque la resolution du pape. De la part du roi , furent envoyés trois èvêques pour solliciter le pape suivant s<«> intentions, siivoir, Girard d'Herford, Hébert de Tetford et Robert de Chester, dont deux avoient leurs affaires particulières à poursuivre à Rome (3). Girard avoit été chancelier d An-

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