XVIII. Brunon, archevêque de Trêves
Egilbert , archevêque de Trêves , mourut dans le schisme le cinquième de septembre mil cent un, après avoir tenu ce siège vingtdeux ans huit mois et trois jours ; et il y eut près de quatre mois de vacance (1). Entre plusieurs sujets dignes de remplir cette place , qui se trouvoient dans le clergé de Trêves , le plus distingué étoit Brunon, né en Franconie, de la première noblesse, et tellement aimé des seigneurs, qu'on l'avoit fait prévôt de Trêves, de Spire , de Saint-Florent à Coblentz , et archidiacre. L'empereur Henri étant venu tenir sa cour à Mayence à la fête de Noël de la même année mil cent un , les citoyens de Trêves vinrent lui demander Brunon pour archevêque ; les seigneurs joignirent leurs prières , et l'empereur lui donna l'investiture par l'anneau et la crosse , et ordonna qu'il fut sacré. H le fut à Mayence , même le treizième de janvier mil cent deux, par Adalbéron de Metz, Jean de Spire et Richer de Verdun , en présence de Ru hard, archevêque de Mayence, Fridéric de Cologne et plusieurs autres évêques , qui tous, par conséquent, reconnoissoieut Henri pour empereur et communiquoient avec lui. Brunon fit son entrée à Trêves le jour de la Purification.