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ÔS

HISTOIRE DU CHRISTIAISISME.

AndeJ.-C.1013.

le garderai point si votre sainteté n'a pour agréable de m' investir et me consacrer ellemême ; faites-moi donc savoir votre volonté.

Cette lettre fit grand plaisir au pape , parce

qu'il y avoit alors peu d'évéques dans le

royaume d'Allemagne qui rendissent à l'église

romaine la soumission convenable. Il fit donc

réponse à Othon , le reconnoissant pour évé-

quc élu de Bamberg, louant sa conduite et

rinvitant à venir hardiment à Rome. Othon

fit telle diligence, qu'il y arriva à l'Ascension,

qui , cette année mil cent trois , étoit le sep-

lième de mai (1). Le pape étoit à Anagnia , où

il alla le trouver avec les députés de l'église

de Ramberg qui le demandoient pour évéque.

Othon raconta fidèlement au pape la manière

de son élection , et mit à ses pieds la crosse et

l'anneau, lui demandant pardon de sa faute

ou de son imprudence. Le pape lui ordonna

de reprendre les marques de l'épiscopat ; et ,

comme il protestoit de son indignité , le pape

ajouta : La fête du Saint-Esprit approche, il

faut lui recommander cette affaire.

Olhon, étant retourné à sou logis , pensa toute la nuit et le jour suivant à la difficulté des temps , aux périls des pasteurs, à l'indocilité des peuples ; et après avoir mûrement délibéré, il résolut de tout quitter et vivre en repos comme personne privée. Il déclara sa résolution à ceux qui Vaccompagnoient , et , ayant pris congé du pape, il se mit en chemin pour s'en retourner. Mais le pape lui envoyîK ordre de revenir en vertu de la sainte obéissance; ceux de sa suite le ramenèrent, et il fut ordonné évéque de la main du pape , assisté de plusieurs évéques, le jour de la Pentecôte , dix-septième de mai mil cent trois. Le pape ne lui fit point prêter de serment , quoiqu il n'en dispensât alors aucun de ceux qu'il consacroit. Les évoques de Ramberg avoient déjà le privilège de la croix et du pallium comme les archevêques, mais seulement quatre fois l'année : le pape en ajouta quatre autres en faveur d'Othon (2). Dans sa lettre à l'église de Bamberg , il marque qu'il l'a sacré selon leur désir, et sauf le droit du métro[K)lilain.

Il faut remarquer, dans cette lettre et dans tout ce qui se passa à la promotion d'Othon , qu'il reconnoissoit pour seigneur et pour empereur légitime Henri , quoiqu'excommunié et déposé tant de fois par le pape Grégoire Yll et par ses successeurs ; et que son scrupule n'étoit point fondé sur le défaut de puissance de la part de Henri, mais sur la cérémonie de l'investiture, et l'abus qu'il en faisoit, empêchant d'autorité absolue les élections légitimes. Olhon, dans sa lettre au pape, ne lui dissimule pas qu'il a été long-temps au service de ce prince , et que c'est de lui qu'il a reçu l'évéchè (3). Il ne s'en accusa point étant en pré-

(1) Pasc. Ep. 07, c. 6,7. (3) VUa, c. 3, p. 330. ^2) C. 0. Pasch. Kp. 8.

sence du pape, et le pape n'en fit aucun reproche, ni à l'église de Bamberg qui reconnoissoit Henri pour empereur. Cet exemple et plusieurs autres du même temps font voir qu'on ne laissoit pas d'être catholique et reconnu pour tel par le saint-siège , quoiqu'on n'exécuti\t pas à la rigueur les condamnations prononcées contre Henri. En un mot, que le pouvoir du pape sur le temporel des souverains ne pas soit pas pour article de foi.

XXYl. Commencements de saint Olhon.

Othon, qui devint ainsi évc^iue de Bamberg , naquit en Souabe, de parents nobles, mais dont les biens étoient médiocres (1). Ils le tirent étudier dès sa première jeunesse ; mais, pendant qu'il étoit absent pour ses études, ils moururent, et son frère, destiné aux armes, lui envoyoit petitement de quoi subsister. Othon, après les humanités et la philosophie , n'ayant pas de quoi fournir aux frais des plus hautes études , et ne voulant pas être à charge à si famille, passa en Pologne , où il savoit que les gens de lettres étoient rares. Là il se chargea d'une école , où , instruisant les autres et s'instruisant lui-même , il acquit des richesses et de Phonneur ; il apprit aussi la langue dn pays ; et, comme il menoit en même temps une vie pure et frugale , il se fit aimer de tout le monde : à quoi servoit encore sa bonne mine et son extérieur avantageux. Ainsi il s'insinua dans la familiarité des grands , qui l'employèrent à porter des paroles et traiter des affaires entre eux ; et par ses députations il se fit connoître au duc de Pologne, qui \o goûta tellement, qu'il voulut en faire l'ornement de sa cour.

Aprèsqu'Othon s'y fut conduit sagement pendant quelques années, le duc perdit sa femme, et on parla de le remarier. Othon proposa la sœur de l'em|)ereur , et fut choisi lui-même pour en aller fiiire la demande ; l'affainî réussit, le crédit d'Othon en augmenta, et il devint le médiateur entre Pempereur et le duc de Pologne. L'empereur, ayant ainsi connu son mérite, le voulut garder pour lui-même , et le demanda à sa sœur et au duc , qui le lui accordèrent , quoiqu'à regret. D'abord Pempereur l'occupa à de moindres emplois, comme de réciter aven; lui des psaumes et des prières; en sorte qu'Othon étoit toujours prêt à lui donner son psautier (2). Le chancelier de l'empereur ayant été élevé à l'épiscopat, l'empereur lui donna cette charge; et, comme le bâtiment dePéglisc^ de Spire n'avançoit point, il lui en donna le soin, et le chancelier fit notablement avancer l'ouvrage avec une grande diminution de dépense. Tel étoit Othon quand il fut promu à Pévêché de Ramberg.

AndeJ..C.ll03.J LIVRE SOIXANTE-CINQUIEME,

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