XXXVI. Brunon, archevêque de Trêves à Rome
En ce même concile , ou en un autre tenu l'année précédente au même mois, Rrunon, archevêque de Trêves, se présenta au pape la troisième année de son ordination, pour lui en demander la confirmation (2). Le pape le reçut avec honneur, comme métropolitain de la première province Belgique 5 mais il lui fit une réprimande sévère de ce qu'il a voit reçu l'investiture par l'anneau et la crosse de la main d'un laïque, c'est-à-dire de l'empereur Henri , et de ce qu'il avoit dédié des éirlises et ordonné des clercs avant que d'avoir obtenu le pallium. Brunon, de l'avis des évêques qui composoient le concile de Rome, renonça au pontificat ; mais trois jours après il fut rétabli à leur prière, témoignant se repentir du passé, parce qu'il parut propre à servir l'Eglise dans la circonstance du temps , à cause de sa discrétion et de sa prudence. On lui imposa pour pé nitence, de ne point porter de dalmatique à la messe pendant trois ans. Le pape lui donna le pallium avec l'instruction touchant la foi et la conduite pastorale : ainsi il retourna chez lui plein de joie.
Il ne paroît point que le pape lui ait fait aucun reproche de son attachement à l'empereur Henri, tout excommunié qu'il étoit, non plus qu'à Olhon de Bamberg. Cependant il est certain que Brunon de Trêves reconnut toujours ce prince pour son souverain. L'historien remarque même qu'aucun seigneur n'avoit plus d'autorité dans les conseils, et que l'empereur l'appeloit son père. Ensuite il ajoute, parlant de Brunon : 11 embrassa la communion des catholiques, sans manquer au service qu'il devoità l'empereur, et ne se souilla point de la communion des impériaux, en telle sorte que les catholiques en fussent choqués (3).