‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1717 sur 2407 · XXXVII. Révolte de Henri contre l'empereur son père · texte numérisé non relu

XXXVII. Révolte de Henri contre l'empereur son père

Toutefois, l'excommunication de l'empereur fut le prétexte de la révolte de son fils Henri; et ce jeune prince y fut excité arlificieusement par les lettres du pape Pascal , qui l'exhortoit à secourir l'église de Dieu. C'est ainsi qu'en parle un moine, auteur du temps, qui ajoute que le fils ambitieux et ravi de se voir autorisé s'arma fièrement contre son père. Cette révolte étoit d'autant plus odieuse, que, dés la fin de l'année mil cent deux, l'empereur Henri avoit désigné roi le même prince à Mayence, où il célébroit la fête de INoël (i).

(1) Pasc. Epist. 100. 2i3.

(2) Hist. Trevir. lo. 12, (4) Ilerman. nnrrat.Tor- Spicil. p. 241. rac. lo. li. Spicil. 440. Ab

(3) Sup n. 25, p. 242, L'rspcrg, 1103.

Là même , il déc'ara publiquement qu'il iroit visiter le saint-sépulcre: ce qui lui attira une grande affection du peuple , du clergé et dos seigneurs ; et plusieurs personnes de toutes les parties du royaume se préparèrent à l'accompagner en ce voyage. IMais il se passai deux aimées sans que l'empereur exécutât sa promesse (1). 11 célébra encore à Mayence la fête de Noël, de l'année mil cent quatre, et ce fut alors que son fils, qui ctoit en Bavière, se révolta, et prit le litre de roi, Henri cinquième du nom, excité par quelques seigneurs, à l'aide desquels il s'étoit retiré d'auprès de l'empereur, son père, quelques jours auparavant.

Il déclara d'abord qu'il condamnoit le schisme, et qu'il vouloit rendre au pape l'obéissance qui lui étoitdue; puis, ayant lait entrer dans son parti les seigneurs dV la Bavière et quelques nobles de la haute Allemagne et de la Franconie, il passa en Saxe, où il fut reçu avec honneur, célébra la pàquc de l'année mil cent cinq, à Quedlimbourg, se soumit toutes les villes, et fut reconnu roi par les seigneurs. Suivant le conseil de llothard, archevêque de Mayence, et de Géb<'hard, èvêi|ue de Constance, légats du pape, il réunit toule la Saxe à la communion de l'église romaine, et il indiqua un concile à la maison royale de Northiis enThuringe, pour le vingt-neuvième de mai (2). Là, renouvelant les décrets des conciles précédents, on condamna la simonie et l'hérésie des nicolaïtes, c'est-à-dire le concubinage des prêtres ; on ordonna que le jeûne du mois de mars seroit célébré la première semaine de carême, et celui du mois de juin la semaine de la Pentecôte, suivant l'usage de Rome. On confirnia la paix de Dieu. On promit de rèconciliicr à l'Eglise par l'imposition des mains aux quatre-lemps prochains ceux qui avoient été ordonnés par les faux évêques ; c'est-à-dire par les schismatiques; et on ordcmna que ces évêques intrus seroienl déposés, et ceux d'entre ceux qui étoient morts déterrés.

Le jeune roi Henri étoit à Northus, mais il ne venoit au concile que quand il y étoit appelé. 11 y parut un jour en habit très-simple, debout, en lieu élevé, et renouvela à chacun ses droits suivant les décrets des princes , refusant toutefois avec fermeté ce qu'on lui demandoit de déraisonnable. Il faisoitparoîtreunemodestie convenable à son âge, et un grand respect pour les évêques ; et dit, les larmes aux yeux , ] re nant Dieu à témoin et toule la cour céleste, qu'il ne s'attribuoit la souveraine puissance par aucun désir de régner, et ne souhaitoit point que son s(Mgneur et son père fut déposé (le l'empire ; au contraire, ajouta-t-il, j ai toujours compassion de sa désobéissance et de son opiniâtreté , et s'il veut se soumettre à saint «

(n Olhon Frisinp , vu , (2) To. x, Conc. p. 744. Chr. c 8. Urspcrg. \\03.

AndeJ.-C.1105. ]

Pierre et à ses successeurs , je suis prêt à céder le royaume et lui obéir comme le moindre de ses serviteurs. Ce discours fut approuvé de toute l'assemblée , qui commença à prier avec larmes pour la conversion du père et la prospérité du fils , chantant Kyrie eleison à haute voix. En mêmi» temps, lUon, évêqued'Hildesheim, Henri de Paderborn et Frédéric d'Halberstadt se [)rosternèrent aux pieds delarchev(Hiue de Mayence, leur métropolitain, prenant à témoin le roi <*t tout le concile, qu'ils se soumettoient à l'obéissance du pape; le concile réserva au pape de les juger, les déclarant cependant suspens de leurs fonctions.

Ensuite le jeune roi alla célébrer la Pentecùle à Mersbourg, où il fit sacrer Henri, élu depuis long-temps archevêque de Magdebourg, mais rejeté par les partisans de l'empereur. Peu de temps après, il marcha vers Mayence pour y rétablir l'archevêque Rothard, qui, étant abbé de Saint-Pierre d'Erford , fut élevé au siège de Mayence en mil quatre-vingt-huit, après la mort du schismatique Yézilon (1 ). Dix ans après, ne voulant pas être complaisant pour l'emperenr excommunié, il perdit ses bonnes grâces, et se relira en Thuringe , où il demeuroit depuis sept ans. Cependant, l'empereur jouissoit des revenus de l'église de Mayence. Le fils marcha donc avec des troupes à cette grande ville ; mais, comme le père l'y attendoit bien armé de son côté, il fut obligé de se retirer, et vint à Wirtzbourg , d'où il chassa l'évoque Erlong, que son père y avoit mis, et y établit Uobert, prévôt de la même église. Mais quand il en fut parti le père chassa Robert et rétablit Erlong.

Les deux armées du père et du fils se rencontrèrent près de Ratisbonne, des deux côtés de la rivière de Rogen, qui entre là dans le Danube. Pendant trois jours qu'ils demeurèrent en présence, le fils gagna le duc de Bohême et le marquis Léopold , dont les troupes faisoient la principale force du père ; en sorte que la veille du combat ils déclarèrent que les seigneurs n'éloient point d'avis de donner bataille, et se retirèrent. L'empereur, se voyant abandonné, fut réduit à se sauver secrètement avec très-peu de suite. Alors le jeune roi fit rentrer l'archevêque Rothard dans Mayence, la huitième année après qu'il en eut été chassé. Enfin, le treizième de décembre, le père et le fils se virent à Bingen sur le Rhin , et convinrent que, pour terminer leurs différents, on tiendroit à Noël une diète ou assemblée générale à IMayence.

Comme le prétexte de la révolte du jeune Henri étoit de ramener tout le royaume teutonique à l'obéissance du saint-siège, l'empereur, son père, fut conseillé d'envoyer au pape Pascal pour protester de sa soumission. C'est ce qu'il fit par une lettre , où d'abord il se loue

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