‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1734 sur 2407 · LI. Concile de Guastalle · texte numérisé non relu

LI. Concile de Guastalle

Le pape Pascal II avoit résolu de passer en Allemagne, suivant la prière que lui en avoient faite les députés de l'assemblée de Mayence, au nom de toute la nation. S'étant donc mis en chemin, il vint à Florence et y tint un concile , où l'on disputa beaucoup avec l'évêque du lieu, qui disoit que Tantechrist éloit né (2). Mais la nouveauté du sujet attira une si grande foule de peuple pour entendre cette dispute, et le tumulte fut tel, qu'on ne put ni décider la question ni terminer le concile.

Le pape, continuant son voyage, vint en Lombardie, et tint un concile général à Guastalle sur le Pô, le lundi vingt-deuxième d'octobre mil cent six (3). Il s'y trouva un grand nombre d'évôques, tant de deçà que de delà les monts, et une grande multitude de clercs et de laïques, même les ambassadeurs de Henri , roi d'Allemagne, et la princesse Mathilde en personne. On y ordonna que la province entière d'Emilie, avec ses villes, savoir. Plaisance, Parme , Rège, Modène et Boulogne , ne seroit plus soumise à la métropole de Ra venue; ainsi il ne lui resta que la province Flaminie. On le fil pour humilier cette église, qui depuis environ cent ans s'étoit élevée contre l'église romaine, et en avoit usurpé, non-seulement les terres , mais le siège même par l'antipape Guibert. En ce concile, le roi Henri fit demander au pape de lui confirmer sa dignité, lui promettant fidélité et obéissance filiale.

Vers la fin du concile, on lut les passages des pères, touchant la réconciliation de ceux^ qui ont été ordonnés hors l'Eglise catholique, savoir, de la lettre de saint Augustin à Boniface, de saint Léon aux évêques de Mauritanie , et le troisième canon du concile de Carthage. Sur quoi l'on forma le décret suivant (4):

(1) Pœnit. Theod. to. 2, p.Oi.

(2) Vita perP. Pisan. n.

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