XIV. Lettre d'Yves de Chartres sur les investitures
Joceran, archevêque de Lyon, indiqua la même année un concile à Anse, pour traiter do la foi et des investitures , et y appela Daimbert, archevêque de Sens, et ses suffragants(-2) ; mais ils s'en excusèrent par une lettre qu'lves de Chartres écrivit au nom i\v toute la province, où il parle ainsi : Nos pères n'ont point ordonné que l'èvêque du premier siège put appel( r les évéques à un concile hors de h'ur province , si ce n'étoit par ordre du saint-siège, ou qu'une église particulière appelAt au premier siège pour des causes qu'elle ne pou voit terminer dans la province. H rapporte sur ce sujet les autorités des papes, puis il ajoute :
Quant aux investitures dont vous voulez parler en ce concile, vous découvrirez la honte de votre père nu lieu de la cacher ; car, ce que le pape a fait pour éviter la ruine de son peiiple, il y a été contraint par la nécessité, mais sa volonté ne l'a point approuvé. Ce qui paroît en ce que, sitôt qu il a été hors du péril, comme il l'a écrit à quelques-uns de nous, il a ordonné et défendu ( e qu'il ordonnoit et défendoit auparavant, quoique dans le péril il ait permis de dresser quelques écrits détestables. Ainsi Pierre répara ses trois reniements par trois confessions; ainsi le pape Marcellin, séduit par les impies, oflVil de 1 enc<'ns devant l'idole, et peu de jours après nrut la couronne du martyre, sans avoir élè jugé par ses frères, liieu a permis ces chutes dans 1rs plus jirands hommes, afin (|uc les autres connijissent leur foibless(», qu ils craignent de tomber de même, ou se relèvent promplenient.
Que si le pape n'use pas encore contre le roi d'Allemagne de la sévérité qu il mérite, nous croyons qu il dilL're exprès, suivant le jugegement de quelques dodcurs, qui conseillent de s'exposer à de moituires |)èrils pour en éviter de [>lus grands. Ives rapp(»rle ici un grand passage du troisième livre de saint Augustin (3) contre Parménien, où il dit que, suivant la saine discipline de l'Eglise, on ne doit employer lanathème q.ie contre les particuliers, et (juand il n'y a aucun péril de S( hisme. Mais quand le coupable est assez puissant pour entraîner la multitude, ou quand tout le peuple est coupable, il ne reste aux gens de bien que