‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1774 sur 2407 · LIVRE SOIXANTE-SIXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SOIXANTE-SIXIEME

ment Vital, qui ne mangeoit point de chair, buvoit rarement du vin, se nourrissoit de pain d'avoine, de légumes, de miel, de fromage; couchoit sur la paille et dormoit peu. Ils fondèrent tous quatre des monastères ; Robert celui de Fontevraud ; Bernard celui de Tiron ; Vital, Savigny et Raoul Saint-Sulpice, près de Rennes : les trois premiers monastères fuînt chefs de congrégations (1). Fontevraud 'til fondé en mil cent six , comme j'ai dit , .-•avigny, en mil cent douze, Tiron en mil cent quatorze.

Vital s'cloit retiré dans la forêt de Savigny dès l'an mil cent cinq, ses ermites vivoient chacun selon le don qu'il avoit reçu de Dieu; mais, s'ètant multipliés jusqu'au nombre de cent quarante et plus, ils désirèrent vivre en ct)nmiun , et engagèrent Vital à demander à Raoul de Fougères quelques restes d'un vieux château prés du bourg de Savigny. Ce seigneur lui donna non-seulement les ruines qu'il demandoit, mais toute la forêt pour y bâtir un monastère sous l'invocation de la sainte trinité; et l'acte de donation fut passé au mois de janvier mil cent douze. Turgis, évêque d'Avranches, y souscrivit avec les seigneurs du pays (-2). Henri, roi d'Angleterre, étant à Avranches, confirma la donation par ses lettres du second jour de mars; et Pascal II, par sa bulle du vingt-troisième, où il accorde à cette église le privilège de n'êlre point comprise dans l'interdit général jeté sur tout le dio èse. Vital donna à sa nouvelle communauté la règle de saint Benoit, avec quelques constitutions particulières, et ils prirent l'habit gris. Le nombre des moines et la quantité des biens augmenta bientôt; et Savigny devint un des plus célèbres monastères de France.

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