‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1790 sur 2407 · XXXII. Saini Bernard, abbé de Clairvaux · texte numérisé non relu

XXXII. Saini Bernard, abbé de Clairvaux

Cependant l'ordre de Cîteaux croissoit de jour en jour. Dès l'année précédente, mil cent quatorze, l'abbaye de Pontigny, sa seconde fille , fut fondée à quatre lieues d'Auxerre , dans la terre d un chanoine de cette église , nommé Hébert ; et Hervé, comte de Nevers, contribua à cette fondation ; on en reconnoît toutefois pour fondateur Thibaut, comte de Champagne, parce qu'il en fil depuis bâtir l'église. Le premier abbé de Pontigny fut Hugues de Màcon , depuis évêque d'Auxerre. Celte année, mil centquinze, furent fondées les deux autres filles de Cîliaux, Clairvaux et Morimond , tous deux dans le diocèse de Langres. Les fondateurs de Morimond furent Orri d'Aigremont et Adeline, sa femme, seigneur de Choiseul ; le premier abbé se nommoil Arnold. Voilà les quatre premières filles de Cîteaux : la Ferté , dont j'ai déjà parlé, Pontigny, Clairvaux et Morimond; toutes les autres en dépendent, et la plupart en sont sorties.

La fondation de Clairvaux mérite d'être rapportée plus au long. Cette terre, située sur la rivière d'Aube, fut donnée par Hugues, comte deTroyes, et la maison établie le vingt-cinquième de juin mil centquinze. C'éfoit auparavant une retraite de voleurs, et le lieu se nommoit la vallée d'Absinthe, soit à cause de cette herbe qui y croissoit abondamment, soit à cause de la détresse de ceux qui tomboicnt entre les mains des voleurs. Etienne, abbé de Cîteaux, y envoya de ses moines, et leur donna pour abbé saint Bernard, quoiqu'il n'eût que vingt-quatre ans d'âge et un an de profession. Aussi ses confrères s'en ètonnoient et craignoient qu'il ne pût soutenir cette charge , tant à cause de sa jeunesse que de la foi blesse de sa santé. Comme Jocéran , évêque de Langres, étoit absent, Bernard s'adressa à l'èvêque de Chàlons , Guillaume de Champeaux , ptmr recevoir la bénédiction abbatiale, et l'alla trouver accompagné d'un autre moine (1). Quand ils entrèrent dans la maison de l'èvêque, ce fut un spectacle qui attira le respect des uns et la risée des autres, de voir un jeune homme consumé d'austérités et moribond, et d ailleurs méprisable par son habit, suivi d'un autre

T*2} Vase. Eç. 107.

(3) Victor. Ep. 1 , c. 3.

Jtephyr, Ep. 1.

(1) Vila, lib. T, c. ». Exord. disl. 2, c. 1. Vilâ, c. 7.

An de J.-C. 1115.1

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