XL. Albert, archevêque de Maycnce, contre l'empereur
L'empereur Henri étoit toujours en Lombardie, faisant négocier sa paix avec le pape, qui disoit : J'ai gardé ma parole, quoique donnée par force, je ne l'ai point excommunié, mais il l'a été par les principaux membres de l'Eglise, et je ne puis lever cette excommunication que par leur conseil , dans un concile où les parties soient entendues. Je reçois tous les jours des lettres des Ultramontains qui m'y exhortent, principalement de l'archevêque de Mayence. En effet , ce prélat , nommé Albert , étoit le plus déclaré contre l'empereur. 11 avoit été son chancelier et son plus intime confident ; et ce fut principalement par son conseil que Henri fil arrêter le pape Pascal. Mais, quand Albert vit que le privilège accordé par le pape étoit condamné de tout le monde, et l'empereur excommunié par Larchevêque de Vienne et par la plupart des évêques , il prit parti contre l'empereur, qui , l'ayant découvert , le fit arrêter en mil cent douze, et le retint trois ans dans une étroite et dure prison (1).
A la Toussaint , mil cent quinze , l'empereur indiqua une cour plénière à Mayence, où les citoyens, profitant de Toccasion, vinrent tout d'un coup en armes environner son palais; quelques-uns même se jetèrent dans la cour en furie , et tous demandoient avec de grands cris la liberté de leur prélat. L'empereur fut obligé de leur promettre ce qu'ils demandoient, et d'en donner des otages; puis il sortit de la ville , et peu de jours après il délivra le prélat, si atténué des mauvais traitements qu'il avoit soufferts dans sa prison , qu'il ne lui restoit que la peau et les os. Albert se rendit à Cologne pour être sacré par le légat Diétrie ; mais, ce prélat étant mort en chemin , il fut sacré au même lieu le jour de Saint- Etienne, vingt-six décembre mil centquinze (2), par Othon ,' évêque de Bamberg. Depuis ce
(1) Ab. Ursp. an. 1117.
Serrar. Motiunt. p. «01.
Suj». n. 5. lïsp. an. 1112.
(2) ld.1115. Dodech.an.
HISTOIRE DU CHRISTIANISME
An de J. -G. 1117.].