XLII. Turslain, archevêque d'York
Pendant que le pape Pascal étoit à Bénévent , Raoul , archevêque de Canlorbéry , arrivé en Italie la même année mil cent dix-sept, lui envoya de Rome, où il avoit été obligé do s'arrêter, des députés et des lettres. Or, voici le sujet de son voyage (2). Le vingtième de mars mil cent seize , Henri, roi d'Angleterre, voulant passer en Normandie , tint un parlement, où il fit reconnoitre pour son successeur Guillaume, son fils aîné. En même temps, on examina le différent entre l'archevêque de Canlorbéry et celui d'York (3) : car Thomas, archevêque d'York, étant mort le dix-neuvième de février mil cent quatorze, un des chapelains du roi, nommé l'urstain, fut élu pour lui succéder, du consentement de Raoul, archevêque de Canlorbéry ; mais quand l'aoul lui demanda la soumission que ses prédécesseurs avoient accoutumé de faire aux archevêques de Canlorbéry, il refusa d'être sacré à cette condition. Il envoya même à Rome, espérant obtenir du pape la décharge de celle soumission; mais il n'y réussit pas, quoiqu'lves de Chartres eût écrit au pape en sa faveur, rendant témoignage a son mérite, et traitant de coutume indue la prétention de l'archevêque de Canlorbéry. Le roi, voyant que Turslain s'opiniàtroit à ce refus, par la confiance qu'il avoit en sa protection, lui déclara qu'il feroit la soumission comme ses prédécesseurs, ou qu'il ne seroit pas archevêque d'York. Turslain prit ce dernier parti assez légèrement, et renonça à l'archevêché ; mais, voyant cesser les honneurs auxquels il commençoit i\ s'accoutumer, il s'en repentit et suivit le roi en Normandie, espérant qu'il lui rendroit sa dignité. Le roi ne trouva point de meilleur moyen pour le favoriser que de dilïerer et ne point remplir le siège d York.
La même année mil cent seize, vers le mois d'août, Anselme, neveu du saint archevêque, revint de Kome,et apporta des lettres du pape,qui l'etablissoienl légal en Angleterre. La nouvelle en ayant été portée dans le loyaume , les cvê-
ce qui se passa en celle affaire sous le pontiûcat de Pascal II.
ques et les seigneurs s'assemblèrent à Londres quelque différent entre elles, il sera examiné en présence de la reine, et on résolut que devant le pape en présence des parties. C'est l'archevcViue de Canlorbéry , que celte affaire * "" '
regardoit principalement , iroit trouver le roi en Normandie , lui exposeroit l'ancienne coutume et la liberté du royaume ; et, si le roi en étoit d'avis, il iroit à Rome pour faire abolir ces nouveautés. L'archevêque, qui désiroit de faire le voyage de Rome par dévotion , embrassa volontiers celte résolution : il passa la mer avec une nombreuse suite et un équipage magnifique, ayant entre autres avec lui le moine Edmer, disciple de saint Anselme , qui