‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1880 sur 2407 · LIVRE SOIXANTE-SEPTIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SOIXANTE-SEPTIEME

loi du pays. Ce fut donc une occasion de rechercher la cojidilon du prévôt et de toute sa famille, que le comte prétendoit être serfs et de son domaine-

Leprevol, depuis long-temps en possession de sa lit)erte, ne putsouflVir cet alTronl, et t. aitoit Cliarles d'ingrat , qui sans lui n auroit jamais été comte de Flandre. Enfin, sa haine vint à tel point, que le comte, étant venu à Bruges, il tin* pendant la nuit un conseil avec sa famille, où la mort du prince fut résolue. Le lendemain le comte étant levé , distribua son aumône; car il commençoit toujours parlà sa journée; faisoit cette action nu-pieds, et baisoit les mains des pauvres. Ensuite il alla à réglise de Saint-Donatien , oii, tandis que ses chapelains chanloieiit prime et tierce, il se mit en prières devant Taulel de la Vierge ; et, après de fréquentes genullexions , il se prosterna sur le pavé pour dire les sept psa »mes dans un livre, ayant auprès de lui des pièces de monnoies que son chapelain y avoit mises, selon sa coutume, pour donner l'aumône pendant sa prière.

Les conjurés étant avertis que le comte étoit à l'église, Bouchard, neveu du prévôt, y vint avec six autres, portant des épees nues sous leurs manteaux. S'elant approché du comte , il le toucha d'abord légèrement de son épée, afin de lui faire lever la télé , comme il fit pour voir ce que c éloit. Alors Bouchard lui donna un si grand coup sur le front , qu il lui fit sauter la cervelle sur le pavé; et, quoique ce premier coup ne fut que trop «.ulfisant , les autres lui en donnèrent eucoie |;lusieurs, et lui coupèrent le bras qu'il etendoit pour donner l'aumône à une pauvre femme. Amsi mourut Charles le bon, comte de Flandre, le mer credi de la seconde semaine du carême , second jour de mars mil cent vingt-sept. On voulut emporter le corps à Gand , mais le clergé de Bruges s'y opposa, et on l'enterra d'abord sans cérémonie au lieu où il avoit été tué ; mais on fit le service dans une autre église , parce que celle de Saint-Donatien étoit profiinèe. Le roi Louis le gros, appelé par les seigneurs de Flandre, alla à main armée soumettre les séditieux; et, ayant pris les principaux auteurs du crime, Bouchard et le prévôt Brttoul, son oncle , il les fit mourir cruellement La vio du bienheureux comte fut écrite quelques mois après par ordre de saint Jean , évéque de Hérouane, et il a toujours été depuis révéré dans le pays comme saint. H ne laissa point d'enfants de sa femme iMarguerile de Clermont, elle comté de Flandre passa à Guillaume Cliton, fils de Robert, duc de J\ormandie (1).

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