‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1885 sur 2407 · LIVRE SOIXANTE-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SOIXANTE-SEPTIÈME

de celui qui donne dos repas. Après avoir expliqué ce qui regarde les moines de la Chartreuse, Gui s^ues explique les usaji^es des laïques ou frères conversdela maison d'en bas. Comme ils ne savoient pas lire, ils ne chantoient point l'office, ils assistoient seulement à celui que leur disoit le moine qui les gouvernoit , ou , en son absence, ils disoient un Pater pour chaque psaume (1). Leur abstinence étoit moindre que celle des moines , à cause de leur travail. Ils ne gardoient pas non plus un silence si exact ; mais, au reste, leur vie étoit réglée sur celle des moines , à proportion de leurs occupations.

Si quelqu'un des habitants de la Chartreuse s'enfuyoit ou en étoit chassé, et que , touché de repentir, il revint, promettant de se corriger , le prieur en délibéroit avec la communauté ; et si on jugeoit à propos de le recevoir, on le metloit au dernier rang, sinon on lui permettoit de passer à une autre maison religieuse où il put faire son salut. Le nombre des moines de la Chartreuse étoit fixé à treize, et celui des frères-lais à seize -, ce qu'ils a voient réglé pour ne pas s'engager à une plus grande dépense que le lieu ne pou voit porter ; et si nos successeurs, ajoute lauteur , ne pouvoient maintenir même ce petit nombre sans être réduits à l'odieuse nécessité de quêter et de vaquer; nous leur conseillons de le réduire à la quantité qu'ils pourront porter, sans s'exposer à de tels périls [-2). Et ensuite : Notre institut se rend lui-même recommandable par le petit nombre de ses sectateurs; car, s'il est vrai, selon les paroles de Notre Seigneur, que la voie qui mène à la vie est étroite (3) , et que peu la trouvent, l'institut religieux qui admet le moins de sujets est le meilleur et le plus sublime; et celui qui en adtni't le plus est le moins estimable. Ainsi finissent les constitutions du vénérable Guigues.

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