‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 190 sur 2407 · LIVRE QUARANTE-TROISIEME · texte numérisé non relu

LIVRE QUARANTE-TROISIEME

Cependant Astolfe, roi des Lombards , menacoit les Romains de les passer tous au hl de 1 epee s'ils ne se soumelloient à sa puissance (3). Le pape les exhorta à implorer la miséricorde de Dieu , fit une procession où l'on portoit plusieurs reliques , entre autres une image de Jesus-Christ, que l'on croyoit n'avoir point ele faite de main d'homme. Le pape la porloit sur ses épaules, marchant nu-pieds comme tout le peuple qui avoit la cendre sur la tète , /t poussoit de grands gémissements. On avoit attache à la croix le traité de paix que le roi des Lombards avoit rompu. Le pape établit de semblables processions tous les samedis.

Enfin, voyant qu'il ne pouvoit retenir le roi des Lombards , ni par prières , m par présents après lui en avoir fait d'immenses par plusieurs fois , voyant d'ailleurs qu'il ne recevoit aucun secours de l empereur, il résolut de s'adresser aux François à l'exemple de ses prédécesseurs, Grégoire 111 etZacharie. Ainsi

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le pape Etienne écrivit au roi Pépin une lettre pleine de vives expressions de douleur , qu'il envoya secrètement par un pèlerin. Puis par une autre lettre il lui manda : Envoyez vousmême des ambassadeurs à Rome , pour m' engager à vous aller trouver.

Le roi Pépin envoya sa réponse , par laquelle il accordoit au pape* tout ce qu'il demandoît (1). Le porteur fut Droctegand, premier abbé deGorze, que le pape renvoya au roi , avec une lettre qui ne contient que des actions de grâces, se rapportant du surplus à Droctegand, à qui il s étoit expliqué de vive voix (2). Le pape écrivit en même temps à tous les ducs des François, les exhortant de venir au secours de saiiil Pierre , qu'il nomme leur protecteur, et leur promettant de sa part la rémission de leurs péchés, le centuple en (c monde, et la vie éternelle en l'autre.

Cependant le silentiaire Jean revint de Constantinople avec les légats que le pape y îivoit envoyés, rapportant les propositions du roi dos Lombards , et une lettre de l'empereur , par laquelle il ordonnoit au pape d'aller trouver ce roi, pour retirer de ses mains Ravenne et les villes qui en dépendoient. C'est toutle secours que l'empereur envoyoit à l'Italie. Le pape envoya au roi Astolfe demander un saufconduit pour lui et pour sa suite. Au retour de son député, arrivèrent ceux du roi Pépin. Chrodegang , évéque de Metz , et le duc Auctaire , qui avoient ordre de mener le pape au roi leur maître, comme il l'avoit demandé.

Chrodegang étoit né en Ilasbagne, qui est à peu près leBrabant, de la première noblesse desFrancois(3). Ilfut élevèà la cour de Charles-Mart*el, et y exerça la charge de référendaire. Il étoit bien fait , éloquent, même en latin, outre sa langue naturelle qui étoit la teutonique. Sa charité étoit grande pour nourrir et protéger les pauvres. Il fut élu évéque de Metz l'an sept cent quarante-deux, et gouverna cette église pendant vingt-trois ans et cinq mois; il fonda plusieurs monastères, a qui il donna de grands biens, entre autres celui de Gorze, vers l'an sept cent quarante-huit, qui fut depuis une école célèbre ; Chrodegang étant donc arrivé à Rome avec Auctaire , ils trouvèrent le pape prêt à partir pour aller trouver le roi des Lombards.

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