XVII. Vulgrin, archevêque de Bourges, pour Innocent
Ils lui résistèrent en effet , comme il paroi t parles lettres adressées à Vulgrin, archevêque de Bourges, par trois d'entre eux, Guillaume de Saintes , (juillaume de Périgueu\ et Guillaume de Poitiers (1). ils a voient recours à ce prélat comme primat d'Aquitaine, parce que Girard lui-même avo.t envahi le si«'ge de Bordeaux , leur métropole. L'évêque de Saintes donne avis à l'archevêque, que Gérard, soutenu par le prince , a chassé de leurs sièges l'évêque de Poitiers el celui de Limoges, et y en a intrus d'autres. Mais , ajoute-t-il , il ne les a pas sacrés, parce qu il n'a pu avoir d'é- Yêques. Il a aussi chassé de son monastère l'abbé de Saint-Jean d'Angèly. Il nous a tellement rendus o lieux à notre prince, parce que nous n'av(ms pas voulu sacrer ses intrus; que nous et nos chanoines avons été contraints de sortir de la ville et d'abandonner nos maisons. Mais Dieu a permis que ce scélérat , passant par notre diocèse , a été pris par Aymar, brave chevalier, notre beau-frère , qui le lient prisonnier.
C'est pourquoi nous vous prions d'écrire à l'église de Bordeaux, qui l'a élu archevêque, et aux évêques d'Agen , de Périgueux, de Poitiers , de Limoges et à nous, pour nousdéfendre de lui obéir, et casser son élection faite par la violence du comte, sans le consente ment des su.Tragants, et nonobstant l'opposi-
(1) Pair. Blluric. c. 6i, lom. 3, Bibl. Lait. p. 03.
Que vous pris, et excommuniez ceux qui feront q ielque violence pour les délivrer. Enfin , que vous ordonniez aux évêques, nos confrères, d aider Aymar d argent et d autres secours pour se défendre contre notre prince et le comte d'An-
goulême.
L'évêque de Périgueux prie l'archevêque de Bourges, au nom de toute la province, de les assurer qu'il demeure ferme dans l'obéissance du pape Innocent; et qu il les protégera |X)ur ce sujet , et leur procurera la protection du roi de France. L évêque de Poitiers prend le titre d'exilé pour la justice, et prie l'archevêque d'excommunier de nouveau Gérard et ses complices. L'archevêque de Bourges écrivit, suivant leur désir, aux (piatre évêques d'Agen, de Poitiers, de Périgueux et de Saintes , qui, avec celui d Ang(»ulêine , étoient alors tous les suffragants de Bordaux. La lettre est aussi adressée au peuple el au cierge de Bordeaux , el il les exhorte tous à demeurer fermes dans l'obéissance du pape Inr.ocent, à mépriser les menaces des princes, et la persécution qu'ils pourront souiTrir pc^ur une si juste cause , el à rt'sister de tout leur pouvoir à Gérard d'Augoulême , Si hismatique manifeste. Dans une seconde lettre, il leur marque que le pap** Innocent est reconnu par les rois de France, d Angleterre, d'Allemagne, d'Espagne, de Jérusalem , et presque par tous les4)rinces du monde , el que Gérard a été condamne et déposé au concile de Reims.
Le duc d'Aquitaine eloit le seul, au deçà des Alpes, qui soutînt le parti de rantipai)e; et saint Bernard lui écrivit vers le même temps , au nom de Hugues, duc d«^ Bourgogne , son parent, pour l'exhorter à quitter le schisme ( 1 ). Dans cette lettre, il dit entre autres choses, parlant des schismaliques : Ils (ml le duc de Pouille, mais c'est le seul prince, encore l'a t-on gagné par le ridicule app«1t d'une couronne usurpée. Au reste, quelles sont les vertus et les bimnes qualités qu ils publient de leur prétendu pape pour nous exc:ter à le favoriser? Si ce que l'on en dit partout est véritable , il n'est pas digne de gouverner un village : si ces bruits sont faux, il convient toutefois au <hef de 1 Eglise d avoir non-seulement les mœurs bonnes , mais la réputation entière.