‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1953 sur 2407 · LX. Evêques d'Angleterre emprisonnés · texte numérisé non relu

LX. Evêques d'Angleterre emprisonnés

En Angleterre, on tint un concile à Winchester, le vingt -neuvième d'août mil cent Irente-neuf , où se trouvèrent presque tous les évêques du royaume, avec Thibaud, nouvel archevêque de Cantorbéry. Turstain , archevêque d'York, s'en excusa à cause de sa maladie; et les autres évêques, à cause de la guerre qui étoit dans le pays. Henri, évêque de VV inchester, avoit convoqué ce concile , et y présida en qualité de légat du saint-siège. 11 et(Mt fils d'Etienne, comte de Champagne, et frère de Thibaud IV, alors régnant, et d'Etienne, roi d'Angleterre. Il avoit été moine de Clugny, puis abbé de Glastembury ; et le roi Henri, son oncle, l'avoit fiiit évêque en mil cent vingt-neuf (t>). On fit l'ouverture du conciie par les lettres du pape Innocent, qui l'établissoient légat dés les premiers jours de mars ; et on loua la modération du prélat d'avoir différé si long-temps à exercer ses pouvoirs. Il fit ensuite un discours latin , adressé aux gens lettrés, où il se plaignit avec indignation de la prison des deux évêques , Roger et Sarisbéry, et Alexandre de Lincoln. Ces deux prélats, les plus puissants entre les évêques d'Angleterre , avoient été rendus suspects au roi , à cause de plusieurs châteaux qu'ils avoient fait bâtir ; et à l'occasion d'une grande tenue à Oxford, vers la Saint-Jean, le roi les fit arrêter sous prétexte d'une querelle particulière , et se saisit de leurs châteaux.

Cette action du roi fut prise diversement ; les uns disoienl qu'il avoit bien fait, et qu'il ne con venoit pas à des évêques de bâtir des forteresses pour servir de retraites aux gens mal intentionnés. C'étoit Hugues, archevêque de Rouen, qui prenoit le plus hautement le parti du roi. Henri , évéque de Winchester, quoique frère du roi , prenoit le parti coniraire, et disoit : Si les évêques sont en faute, ils doi-

(3) Chr. Bern. au. lui B«rn. Ep. 350. 357,

(1) G. 19, 20, 21, etc.

^2)ToXGouc* P,1615.

Goduin, de Pr»f. Angl. p^ Î70.

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

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Aussi voil-ou b,en qu . ne l a P^^ f"^ .f»^ 'f" ^Hstiaio U roi d..il comn.enœr par réiablir mour d.. la justice , mais par son >nten'l ; puis- J^^'^J"^„^^*j^" „i„^.s, autremont, suivant le

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Ip-fSnri aiouiraurie roi ayant été ,.lu- assez l.ardi pour le faire, parce que si quel-

sZrs o"saierl nav."î p^.s refusé la conv,^ qu'un sort d Angleterre contre sa volonté et

Sieur» lois avcrii, Il aviMipi^ ,„.,„ *..•«.. i.. ,iwrt.;iô Hn r^ivanme. il iKmrra bien

cation du concile, et conclut en demandant le conseil de Varchevôque d(^ Cantorbery et des autres prélats , et promettant d'exécuter ce qu'ils auroient résolu, sans aucun e.:ard m a l'amitié du roi son frère, ni à la p.Tte de ses biens, ou même au danger de sa vie. Le roi envoya des comtes au concile demandi r pourquoi il avoit été appelé. Le léjçat répondit : Etant prince chrétien, il ne doit pas trouver mauvais d'être appelé par les ministres de Jésus-Christ pour rendre compte d un crime inoui de notre temps; car emprisonner d«s éxêques et les dépouiller de leurs biens , c est at'ir comme du temps des païens. Dites donc à mon frèie que, s'il veut croire mon conseil, je le lui donnerai tel, qu'il ne pourra être désapprouvé ni par l'éizlise romame, m par la cour du roi de France, ni par le comte de Champa-ne notre frère Enfin, qu il est oblip plus qu un autre à favoriser lEi;lise, qui la reçu et élevé au royaume, sans qu il ait eu besoin d employer les armes.

Les comtes étant sortis, revinrent peu de temps après , accompagnés d Aubry de Ver, homme exercé dans les affaires et charge de la réponse du roi. Il attaqua principalement Roo^er, évéquc de Sarisbéry, car Alexandre delincoln sétoit retiré, épargnant toutefois les paroles dures ; mais quelques-uns des comtes qui étoient près de lui l'interrompoient souvent, et disoient des injures à l'evéque. Aubry rassembla toutes les plaintes du roi contre Tévéque Roger, entre autres que tout le monde disoit qu il prendroil le parti de

contre la dignité du royaume, il p^mrra bien n V pas rentrer aisément. Au contraire, le roi se sentant grevé, vous cite lui-même à Rome. On voit bien à quoi tendoient ces menaces du roi ; c'est pourquoi le concile se sépara sans rien conclure; car le roi ne se vouloit point soumettre au jugement des prélats, et ils ne jugeoieiit pas à propos d'employer contre lui les censures ecclésiastiques; tant parce qu'ils croyoient téméraire d'excommunier un prince sans la participation du pape, que parce qu ils voyoient des épé<»s tirées autour d'eux , et que l'aiTiire devenoit trés-sérieuse. Toutefois, le légat et l'archevêque de Cantorbery, pour ne pa's manquer à leur devoir, allèrent trouver le r»i dans sa chambre, et, se jetant à ses pieds, le prièrent d avoir pitié de lEglise, de son Aine et de sa réputation, et ne pas permettre qu'il se formât une division entre !c royaume et le sacerdoce. H les traita avec honnêteté, et soutint qu'il n'y avoit point de sa faute; mais il ne leur fit aucune b(mne promesse. Le concile se sépara le premier de septembre, et l'évêque de Sarisbury mourut de vieillesse et de chagrin le quatrième de décembre, la même année mil cent trente-neuf ( 1 ) .

LXl. Abailard renouvelle ses erreurs.

Depuis diN-huit ans qui s'étoient passés, après que Pierre Abailard avoit été condamné au concile de Soissons, il avoit continué d enseigner , s'appliquant principalement à la théologie, quoiqu il n'y fût pas si versé que

" -il plu-

fureiit

l'impératrice MalhiWe, silM quelle viendroit dans les arts libéraux Aussi repandit-i

on AnTlniorre ainsi nu'il avoit été pris, non sieurs erreurs dont les gens de biens

commS Vv^ue ,"màis' comme olTu ier' du roi , alarmés. Guillaume, abbe de Saint Thierry , en

chargé de ses affaires et recevant sc^s gages, écrivit ainsi a Geoffroy, cvêque de Chartres, ci

L^vêque se récria contre cette (lualité d of- à >airil Hernard : Pierre Abailard recommence

ficier du roi , et menaça que si on ne lui — — -^ '

faisoit justice en ce concile, il la deraanderoU I (D Oodum. p. 39.1.

Ande J.-C. lUO. ]

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