Ep
(2) 2 Tim. H, 2i.
(3) Ep. 189, n. i.
HISTOIRE DU CHRISTIANISME
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mieux apprendre ce qui s'y passa que par la lettre synodale que saint IkTnard en écrivit au pape sous le nom des évéques de France , c'est à-dire de la province de Sens (1), savoir : Henri , archevêque de Sens ; Geoffroy, évêque de Chartres et légat du saint-siége ; Elie, évéque d'Orléans ; Hugues, d'Auxerre; Hatton , de Troyes ; Manassès , de Meaux. Après avoir raconté ce qui s'étoil passé jusqu'au concile, l'archevêque continue ainsi : Ce jour-là, qui étoit l'octave de la Pentecôte, les évêques nos suffragants s'étoient assemblés à Sens, près de nous, en Ihonneur des reliques que nous devions découvrir au peuple dans notre église; le roi de France Louis étoit présent à ce concile avec Guillaume, comte de Nevers, et Thibaud, comte de Champagne. L'archevêque de Reims y éloit avec quelquesuns de ses suffragants, et tous les nôtres, excepté Paris et JNevers (-2). 11 y avoit grand nombre d'abbés et de savants ecclésiastiques : Pierre Abailard y étoit avec ses partisans.
L'abbé de Clairvaux produisit au milieu de l'assemblée le livre de la Théologie d'Abailard, et proposa les articles qu'il y avoit remarqués comme absurdes ou plutôt comme absolument hérétiques , demandant qu'il déniât les avoir écrits, ou, s il les avouait pour siens, qu'il les prouvât ou les corrigeât. Alors Abailard , paroissant se délier de sa cause et user de fuites, ne voulut point répondre ; et, quoiqu'on lui donnât audience en toute liberté, qu'il fût en lieu sur et devant des juges équitables, il appela, toutefois, très-saint père, à votre tribunal, et se relira de rassemblée avec les siens. Pour nous, quoique cet appel ne nous parut pas canonique, toutefois, par déférence au saint-siége, nous ne voulûmes prononcer aucun jugementconlre sa personne ; mais ayant fait lire et relire plusieurs fois publiquement les propositions de sa mauvaise doctrine, et l'abbe de Clairvaux ayant prouve évidemment , tant par de solides raisons que par l'autorité de saint Augustin et des autres pères, qu'elles étoient non-seulement fausses, mais hérétiques, nous les condamnâmes la veille de l'appel porté devant vous. Et parce que ces dogmes induisent plusieurs personnes en erreur, nous vous prions instamment de les condamner par votre autorité, et de punir tous ceux qui les défendront opiniâtrement. Que si vous imposiez silence à Abailard, avec défense absolue d enseigner et d'écrire et condamnation de ses livres, vous arracheriez les épines du champ de l'Eglise , et la verriez encore fleurir et fructifier. JNous vous envoyons quelques-uns des articles que nous avons condamnés, afin que par-là vous jugiez plus facilement du reste de l'ouvrage.
Samson, archevêque de Reims, qui avoit assisté au concile de Sens , écrivit aussi au pape
(1) To. X,Cci«^ »>. 1018. (2) Otto. Fris. 1. Frid.
[AndoJ.-C.lliO.
AndeJ.-C. 11 iO.]