‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1964 sur 2407 · LXXIII. Saint Pierre, archevêque de Tarantaise · texte numérisé non relu

LXXIII. Saint Pierre, archevêque de Tarantaise

La même année, mil cent quarante-deux, Pierre, une deslumièresde l'ordre de Citeaux, fut élu archevêque de Tarantaise (5). 11 naquit dans le diocèse de Vienne, l'an mil cent deux, de parents d'une condition médiocre, mais

LV 1^- Î-M '.^i*- , ^*^ * Sac. c. 20. t. 3, p

(2) MabilI.I,AnaI.p.263. 383

(3) To. 1, edit. 10i8,to. (5) V. c. 1, ap. Boll. 8 2, p. 333, 345. 3f8, 139. mal, t. 13, p. 334.

d*une vertu éminente , qui, après avoir élevé leurs enfants , s'appliquèrent entièrement à l'aumône et à rhospilalité , pratiquant en leur particulier la vie hèrèmètique sous la direction des chartreux et des moines de Bonnevaux. Cette abbaye de l'ordre de Cîteaux fut fondée en mil cent dix-huit, par (iuy, archevêque de Vienne , depuis Callisle II, pap<», et Jean, son premier abbé, fut fait èvêque de Valence l'an mil cent trente-huit, et mourut en mil cent quarante-six , en odeur de sainteté. Le frère aine de Pierre nommé Lambert fut destiné à l'église et mis aux études ; pour lui il étoit destiné à une autre profession, mais il ne laissa pas d'étudier par émulation de son frère et par inclination ; en sorte qu'il lit en pi»u de temps de grands progrès. Les deux frères devinrent donc tous deux clercs ; et toutefois , le père et la mère, par une conduite rare dès lors , ne voulurent leur procurer aucun bénéfice.

Pierre, étant venu en Age do prendre parti, embrassa la vie monastique à Bonnevaux, suivant le conseil de Tabbé Jean et l'intention de son père. H s'y conduisit si bien, que l'abbé le fit passer par différentes charges ; et enfin l'envoya, en mil cent trente-deux, fonder la nouvelle abbaye du Tamis, dans le diocèse de Tarantaise , et en être le premier abbé. Quoique le lieu fût stérile et incommode, Pierre ne laissa pas d'y bàlir un monastère et un hôpital pour les pauvres et les passants, avec le secours d'Amédée 111, comte de Savoie et de IVIaurienne, qui le faisoit souvent venir auprès de lui pour prendre s<'s conseils. Ainsi il commença à être connu dans le monde; et, le siège de Tarantaise venant à vaquer , il en fut élu archevêque.

Un autre Pierre, de l'ordre de Citeaux, et abbe de la Ferlé, avoit déjà rempli ce siège depuis mil cent vingt-quatre jusqu'en mil cent trente-deux, qu'il mourut en odeur de sainteté ; mais depuis celte église avoit été envahie et occu[H'e pendant dix ans par un nommé Idraël , qui ruina tout le bien qu'avoit fait son prédécesseur, tant pour le temporel que pour le spirituel. Cet indigne archevêque ayant été déposé par l'autorité du pape, l'abbé du Tamis fut élu unanimement pour lui succéder; et, comme il ne vouloit point y consentir, le clergé de Tarantaise attendit le chapitre général de Cîteaux , où l'abbé Pierre, s'étant trouvé comme les autres , ne put résister à l'autorité de tout l'ordre et principalement de saint Bernard , pour lequel il eut toujours un resp'ct singulier. Ainsi, il fut mis entre les mains du clergé qui le demandoit, et ordonné archevêque de Tarantaise. C'étoit environ l'an mil cent quarante-deux , et il gouverna cette église trente-trois ans.

Pierre ne changea guère sa manière de vivre dans j'épiscopat. Son habit étoit pauvre, et, si on lui en donnoit un meilleur , il ne le gardoit guère sans le donner. Sa nourriture étoit du pain bis et des légumes de la même

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