‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1965 sur 2407 · LIVRE SOIXANTE-HUITIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SOIXANTE-HUITIEME

marmite que Von mcttoit pour les pauvres. Il réparoi t par des prières secrètes le long office du monastère, dont il s'aflligeoil d'être privé, et suppléoit au travail des mains par la fatigue des voyages et des fonctions èpiscopales , donnant quelquefois la confirmation depuis le matin jusqu'au soir. Il prêchoit assidûment , mais il laissoit à d'autres les sermons étudiés pour les auditeurs plus délicats, et s'appliquoit à instruire les simples, et consoler, et à exhorter, à reprendre et intimider les pécheurs. Il trouva dans son église un clergé composé de nobles, mais peu réglés, et qui faisoient le service négligemment; et il fit si bien, que , sans grand scandale, il mit à leur place des chanoines réguliers , qu'il instruisoit et gouvernoit comme ses enfants , assistant avec eux au chœur, au cloître, au chapitre. 11 leur donna un revenu suffisant , et ne laissa pas d'augmenter celui de sa mense par les dîmes et les autres biens usurpés qu'il lira des seigneurs , soit par la crainte des censures ecclésiastiques, soit à prix d'argent. H pourvut les églises de meubles et d'ornements nécessaires ; et fil en sorte, nonobstant la pauvreté du pays, qu'il ne laissa presque pas une chapelle dans son diocèse qui n'eût un calice d'argent. Il rebâtit ses maisons et celles de son clergé , mais de telle manière, que, sans attirer l'admiration, elles étoient commodes et passablement agréables.

Le plus grand soin du saint prélat étoit pour les pauvres et les malades, et sa maison étoit toujours un hôpital, mais principalement les trois derniers mois avant la moisson , où les vivres manquent le plus dans ces montagnes. Dans ses visites, il prévenoit les besoins sans attendre qu'on lui demandât. Deux fois en passant les Alpes il ôta sa tunique pour en revêtir de pauvres femmes qui mouroient de froid, s'exposant à périr lui-même, et ne gardant que son cilice et sa coulle. En un seul voyage il dépensa en aumônes deux mille sous, somme considérable en un temps où le marc d'argent n'en valoitque quarante (1).

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