‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 2003 sur 2407 · XXV. Saint Bernard à Toulouse · texte numérisé non relu

XXV. Saint Bernard à Toulouse

En ce voyage de Languedoc , il fut partout reçu comme un ange envoyé du ciel , et lit enc )re plusieurs miracles; en sorte qu'il fut accablé de la foule du peuple, qui demandoit jour et nuit sa bi'nédiction. Geoffroy, alors moine et depuis abbé de Clairvaux , le dit expressément dans la vie du saint (2); et, dans une lettre écrites pendant ce voyage où il l'accompagnoit, il spécifie plusieurs nnracles faits à Bergerac, àCahors,àToulouse,à\ erfeuil et en d'autres lieux. Le plus fameux de tous ces miracles est celui qu'il fit à Sarlat en Périgord(3). Après le sermon, on lui offrit plusieurs pains à bénir , comme on faisoit partout. En les bénissant il éleva la main , fit le signe de la croix et dit : Vous connoîtrez que ce que nous vous prêchons est vrai, et que ce que les hérétiques vous prêchent est faux , si vos malades guérissent après avoir goûté de ce pain. Geoffroy, évêque de Chartres, qui étoit auprès du saint abbe, craignant qu'il ne s'avançât trop, ajouta; S'ils le prennent avec foi, ils seront guéris. Mais saint Bernard reprit : Ce n'est pas ce que je dis ; mais assurément ceux qui en goûl( ronl seront guéris, afin (ju'ils sachent que nous som-

AndeJ.-C. lUT.j

(1) P.ll7i,t202,1229,C. f3) Analpcl. tom. 3, p.

(2) Ibia. p. 1117. 312. Sup. liY.lAVil, 0.24,0.

(1) Ep 2n.

(2) Vila lil). m, c.

Vica lib. vnr.in fm.

(3) Cod.c.O.

mes véritables et vraiment envoyés de Dieu Tan de malades furent guéris après S goûte de ce pam, que le bruit s'en rénamm par toute la province, et le saint ho3"î TerrSa r'î^f' ^'' ^'\ **^"^ ^^'^ins , n'o^n tXdl pt^^^^^^ ""^^ '^ ^^-^^^ -Wpor- Une lettre écrite à tous les fidèles nar nn morne nommé Iléribert, nous apprend^ quels etoientceshérétiquesduPérigord(misprer^^^^^

point de chair et ne buvoient point de vin fai soient cent génuflexions par jour et né recevoient point d'argent. lïs ni dii en" St

SlîZf'nTr::/^ ^^"'«"°'«"' q"« l'aumône^ "toit point méritoire, parce qu'on ne devoil

i's'coSeî''""' ''''''?^ "' rien"r^ssX' munTo7oiP°"'", '■"'." ^"^ """^"^ «'la commësse mnr , •1"*^'^" »n ^'^x célébroit la

FhL ,. °" "' "t' coramunioit, mais ietoit 1 hostie derrière l'autel ou dans le misL I U n adoroient ni la croix ni l'image de Notre Seigneur, disant que c'étoit une i'dolàtrie Ils avo!^:: r^V'' P'"^''^^'"-^ nobles à qui s

cS laï.*""'""" "'"'•^ '''™^' plusieurs e çicsiastiques, moines et re gieuscs Los nlii«

receraîr"""' •^^''"'' j*^"- -^^^^^^ On disr,^f ^n- " "' P""''°" P'"* '''S convaincre.

étoit nomm 'p """""^ ''"' ™'"'='*'^- Leur ihef Henri ' ^Pf«>''«™ment disciple de

fn.r"'^/''"'' '" ^ '"•' ^'^ tout le paysla plus in-

nom*d'l''"- ""'''''' ^ •''°» ^"« «n^"ïe"e nom d albigeois a toute la secte (2). Le lé-at v

arriva vers la lîn de juin , et le Dounle alH

dér?sir'o"" "" ^^'^ etdes'taCrVpa trouva l 'il ^. "",""" ^^ '°*''^' «' à peine s'y nard nn , •"•' Pe'"***!'»^^. Mais saint Bernard , qui arriva deux jours après fut rern

jt rdet irP'""*' ^'•r î' J^'*^ ' « •'?ia?n jour ae baint-Picrre, il v nt au sermon une <i

grandemu!Mtude,quel'é,lise,quoiqucgrand.

ne la pouvoit contenir. Le saint homme D?r ' courut tous les articles de leurs err™rs t^m' mençant par le saint sacrement dé l^uteH; leur expliquant sur chaque point ce que ks

catliolique. Enlin, il leur demanda ce ou'ils

fos^!fi'flT" • ^""' '^ P''"P'« déclara S'?l détest it 1 heresie et qu'il revenoit avec loie à la vente catholique. Kevenez donc à rEglîfe rS

S Tout c.T"^-' *"' '"" '•"« nous se qui sont ceux qui se repentent, qu'ils lovent

la main au ciel. Ils levèrent tous la ma"n

droite , e ainsi linit le sermon. Gœffroy^aé-

SZ iT '■"'"•"" '-^ P'"^ S'-«n1 ™'>"cléd'L sami en ce voyage.

Il fut reçu à Toulouse avec assez de dévotion , et en peu de jours elle augmenta jusou^ un empressement excessif. 11 y^voii P de

UVRE S01XAi\TE.NEL VIEME.

(t; To. 3, Analcct. p.iOT. (2) Gauf. I<p. n. lo. ToMt IV.

gens en cette ville qui favorisasspnf in «

pela Henri, on appela aussi les arfens eX ?éc?vroirsS r ''^'f^*^ P™« ne 1 s

des gentilshomm" proîntn 'Su'ffi cha""" roient et ne les protégeroient point, et le S prononça une sentence contre les hérét ques'et leurs fauteurs, portant qu'ils ne serS ro çus m en témoignage ni en iusement et mt personne ne commSniqueroi^Cec eux ^p^ cette sentence on découvrit à tout le M^U vie corrompue de Henri, comment îlSal jure au concile de Pise toutes les hééésiori^^i"

sS''l''"'T''^'^""-'^nt,pouïSv^e ' saint Bernard avoit promis de le receW moine a Clairvaux (1). «ecevoir

Saint Bernard suivit Henri dans sa fuite et prêcha dans les lieux qu'il avoit séduis II trouva quelques gentilshommes obstinés moin! par erreur que par mauvaise volonté 'S ^soient le clergé et prenoient plaisi^aux

SrsuWi''„^'r ••" '"' t^l'-^^ent^^cheTchTe^ poursuivi, qua peine pouvo t-il trouver un

vré'à S;,:' '""" " '^' P"^' <^n°hlrné"et livre a 1 eyéque , mais saint Bernard n'étoit

Si nlî^t".' '" P"^'- " ^ût été besoin qu'i? y f rouri±?^f •'"'": P"*"" déraciner tant dVrsuffiro' Tu ''.«^""i'-oP peu de santé pour su hre a un si grand travail, et ne pouvdt quitter SI ong-temps ses chers frères drciZ vaux qui par de fréquentes lettres le prêL" soient de retourner. "" le pres-

A Toulouse, il logeoit à Saint-Sernin oui

d'eux hrhir''H"''*' '^''«noinesréguhérs'. Z lo ;. J^ *^ médecin, étoit devenu paralvti-

?rémiii ^f.^1' ''^,] T' '••^""^ à une telle extrémité, qu il n attendoit que la mort de ioiir

en jour 11 pria le saint abbé de permet tre Vu W

ment" S ?".? f ^"^^ P"^'" <»« ^"^ ment et il faUut six hommes pour l'y porter

fesSï/r ^"'^^ lemaladc^ui fifsHén-" rS . • i" P"*; instamment de le guérir

la chambéo Th','" •'?«*'«"«" ' «' *orïa„t de Ja tnambre il dit en lui-même : Vous voyez

seigneur ,„« ces gens-ci demandent des^^I

Aussf.A. iT"* ? «^«ncerons rien autrement. Auss tôt le paralytique se leva, courut aprè^ le saint, e vint lui baiser les pieds ave^^m^ dévotion incroyable. Un de ses confrères

lôme. Le bruit s en étant répandu , on accourut a ce spectacle l'évéque et le légk y vinrent des premiers. On alla à l'église le naralSi marchant devant les autres, on X„ a'ft^ XW Le chanoine, guéri, suivit saint Bert

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

nard à Clairvaux , où il se fit moine ; el le saint homme le renvoya depuis à son pays , où il fut abbé (1). Saint Bernard à son retour écrivit aux Toulousains , pour les exhorter à la persévérance, et à poursuivre sans relâche les hérétiques , jusqu'à ce qu'ils les eussent entièrement chassés du pays. Il leur recommande , comme il avoit fait de vive voix , de ne point recevoir de prédicateurs étrangers ou inconnus, mais seulement ceux qui auroient la permission du pape ou la permission de Tévéque de Toulouse.

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