‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 2024 sur 2407 · C. P. lib. IV, p U9 (2; C · texte numérisé non relu

C. P. lib. IV, p U9 (2; C

(4) Lib. in, c. 1,2.

HISÏOIRE DV CHRISTIANISME.

[ An deJ.-C. 1119.

rient. C'est pourquoi, lorsqu'elle célèbre un concile sans nous, avec les évéïqucs d'Occident, ils doivent recevoir avec respect et observer les décrets qui ont été faits par leur conseil et de leur consentement ; mais pour nous , quoique nous ne soyons pas divisés de l'église romaine par la foi, comment pouvons-nous recevoir ses décrets qui sont fai ts à notre insu ? Car si le pape prétend nous envoyer ses ordres en tonnant du haut de son trône, juger et disposer de nous et de nos églises sans notre conseil , à discrétion et suivant son bon plaisir, quelle fraternité sera-ce, ou quelle paternilé? JNous ne serions plus que des esclaves , et non des enfants de l'Eglise. Que s'il éloit nécessaire de porter un joug si pesant , il n y auroit plus que l'église romaine qui jouiroit de la liberté qu'elle voudroit , et qui donnc^roit des lois à toutes les autres, sans être sujette à aucune loi.

A quoi donc nous servi roit l'étude des lettres et la science des Ecritures ? A quoi nous serviroit d avoir de l'esprit? La seule autorité du pape , qui , comme vous dites , est au-dessus de tous les hommes, rend inutiles tous ces avantages. Il sera le seul évéque, le seul docteur, le seul pasteur, qui rendra compte à Dieu seul du troupeau qui n'est contié qu'à lui seul. Que, s'il veut avoir des ouvriers (jui travaillent avec lui dans la vigne du Seigneur, il doit conserver sa primauté sans mépriser ses frères, que Jésus-Christ a engendrés dnns le sein de 1 Eglise, non pour la servitude, mais pour la liberté. Car nous devons tous, selon rapolre(l), comparoître devant le tribunal de Jésus-Christ, pour rendre compte de nos aclions^^. 11 dit tous, sans excepter le pape et sans s'excepter luimême, tout apôtre qu'il éloit. Aussi ne trouvons-nous dans aucun symbole qu il nous soit ordonné de confesser en particulier l'église romaine , mais une église sainte , catholique et apostolique. Yoilà ce que je dis de l'église romaine, que je révère avec vous; mais je ne crois pas avec vous devoir la suivre nécessairement en tout, ni que nous devions quilter notre rit pour recevoir son usage dans les sacrements, sans l'examiner par la raison ni par l'autorité des Ecritures : mais, marc liant après elle les yeux fermés partout où eli'e ira conduite par son propre esprit. C est aux sages , tant Latins que Grecs, de juger comb ien il nous seroit sur et honnéle d'user ainsi.

Anselme interrompit ce discours , ne pouvant souffrir, dit-il, que l'archevi^que grec s'emportât de la sorte conlre l'église romaine, et il dit: Si vous connoissiez comme moi sa religion, sa sincérité, son équité, soi> humilité, sa sagesse, sa discrétion, sa charitr» envers tout le monde , et surtout son exaclitu de dans l'examen dos causes ecclésiastiques, et sa liberté dans les jugements, vous n'auriez pas ainsi parlé; mais vous vous seriez rangé de

(1) 1 Cor. v, 10.

vous-même à sa communion et à son obéissance. Ensuite il remarqua l'origine du patriarcat de Constantinople, savoir, l'entreprise des évéques du troisième concile général et de ceux du concile de Chalcédoine , à laquelle saint Léon s'opposa vigoureusement ; et, après avoir traité du pouvoir des apôtres et de la primauté du pape, on vint à la question des azymes, sur laquelle on conclut que cette diversité de pratique , indifférente en soi , ne pou voit être ôlèe que par un concile universel. Anselme demanda ensuite pourquoi les Grecs consacroient le vin pur, et n'y mêloient l'eau qu'après la consécration ; sur quoi Néchitès répondit par des raisons de convenance (1). Mais il rejeta, comme une pure calomnie , le reproche qu'oa faisoit aux Grecs de rebaptiser les Latins, sous prétexte qu'ils les arrosoient d huile bénite , doutant s'ils avoient reçu le sacrementde l'onction. La conclusion de cette seconde conférence, comme de la première, fut de souhaiter un concile général pour la réunion parfaite des deux églises d'Orient et d'Occident,

Le pape Eugène , ayant appris que le roi Conrad ètoit en Lombardie au retour de la croisade, lui fit savoir de ses nouvelles par Artuic, archevêque de IJrême, et Anselme, évêque d'ilavelberg; puis lui écrivit une lettre de consolation sur le mauvais succès de cette entreprise (-2). La lettre est datée deTusculum, le vingt-quatrième de juin mil cent quarante-neuf.

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