‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 2042 sur 2407 · I. Fin de saint Guillaume, archevêque d'York · texte numérisé non relu

I. Fin de saint Guillaume, archevêque d'York

Henri Mcrdac, archevêque d'York, suivit de prés le pape Eugène III et saint Rernard, s<^s protecteurs, et mourut la même année mil cent cinquantcMrois , le quatorzième d'octobre, après avoir tenu ce siège cinq ans. L'archevêque Guillaume, déposé au concile de Reims en mil cent quarante-huit, sortit de sa retraite sitôt qu'il eut appris la mort du pape et de saint Rernard , et alla promplement à Rome se présenter au nouveau pape Anastase (1), qui, étant cardinal , avoit été le principal défenseur de sa cause. Il demandoit grAce, sans se plaindre du jugement rendu contre lui , quand on reçut la nouvelle certaine de la mort de l'archevêque Henri , qui rendit la cause de Guillaume encore plus favorable. Ainsi le pape, ayant pitié de ses cheveux blancs aussi bien que les cardinaux , révoqua la sentence donnée contre lui par Eugène, le rétablit dans sa dignité, et lui accorda même le pallium, qu il n'avoit jamais obtenu auparavant.

A son retour en Angleterre , comme il passa à Cantorbéry, Roger, archidiacre de celte église, le vint visiter par estime pour sa vertu ; et, quand il se fut retiré, l'archevêque d'York dit à ceux qui étoient présents, que Roger seroit son successeur, comme il le fut en ciîet. Ce prélat arriva à Winchester le samedi-saint, troisième jour d'avril mil cent cinquante-quatre, et célébra la fête de Pâques et l'octave avec révêque Henri, son oncle; enfln, il arriva à York le dimanche avant TAscension , neuvième de mai. Il y fut reçu avec grand applaudissement du clergé et du peuple, malgré l'opposition du doyen Robert et de l'archidiacre Osbert ; et la foule fut si grande à son entrée , que le pont de bois sur lequel il falloit passer rompit, et une grande quantité de peuple tomba confusément dans la rivière. Mais personne n'en mourut, ce qui fut regardé comme un effet des prières et de la bénédiction du saint archevêque.

Le jour de la Trinité, après avoir célébré la messe solennelle, il se sentit tout d'un coup

(1) Tita S. Guill. ap. Sup. l. L\l.v u. UJ. Bon. 8 jun. lo. 20, i'. Ul,

attaqué d'une fièvre , et ne laissa pas de faire donner dans son palais un grand repas , pendant lequel il entra dans sa chambre, et marqua à ses domestiques le jour de sa mort. La fièvre dura huit jours, il n'employa point le secours des médecins, et mourut le neuvième, qui étoit le huitième de juin mil cent cinquante-quatre, un mois après être arrivé à York. La promptitude de sa mort fit imaginer qu'il avoit été empoisonné; et on alla jusqu'à dire que le poison lui avoit été donné à la messe dans le calice ; mais il fut vérifié que c'étoit un faux bruit et une pure calomnie. Il est honoré comme saint le jour de sa mort; son corps fut élevé de terre cent trente ans après, et cette translation accompagnée de plusieurs miracles.

Après sa mort, le doyen Robert et l'archidiacre Osbert , qui lui avoient toujours été opposés, firent élire par le chapitre, quoiqu'il y eût répugnance, Roger, archidiacre de Cantorbéry, à la sollicitation de l'archevêque Thibaut, légat en Angleterre, et du consentement du roi. Ce fut Thibaut lui-même qui le sacra; mais le chapitre d'York obtint qu il le fît en qualité de légat et non d'archevêque de Cantorbéry. Roger remplit le siège d'York vingtsept ans , plus appliqué au temporel qu'au spirituel de son église (1).

IL Mort d'Etienne. Henri II, roi d'Angleterre.

La même année , mil cent cinquante-quatre et le vingt- cinquième d'octobre, mourut Etienne , roi d'Angleterre , après avoir régné dix-neuf ans ; et Henri , duc de Normandie , fut reconnu roi sans contestation , suivant le traité fait l'année précédente, mil cent cinquante-trois, entre le roi Etienne et lui (2). Henri étoit fils de Geoffroy Plantagenest , comte d'Anjou , et de Mathilde , fille du roi Henri I , et il avoit épousé Aliénor, duchesse d'Aquitaine, après qu'elle eût été séparée de Louis le jeune, roi de France. Ainsi, il se trouva le plus puissant prince de la chrétienté, étant par sa mère roi d'Angleterre et duc de Normandie , par son père comte d'Anjou , de

(1) Goduln Ebor. c. 3L (1) Mallh. Paris.

HISTOIRE DU CHRISTIAMSME.

[An de J.-C. 1154.

Touraine et du Maine, par sa femme duc d'Aquilaine et comte de Poitou. H étoit en JNormandio à la mort du roi Etienne, et repassa aussitôt en Angleterre, où il arriva le septième de décembre, et le dimanche avant JVoël, dix-neuvième du même mois, il fut couronné à Westminster, par Thibaut, archevêque de Cantorbèry, en présence des archevêques, des évèques et des barons d'Angleterre et de Normandie. H régna trente-cinq ans , et fut surnommé Courtmanlel ; mais il est plus connu sous le nom d'Henri II.

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