IV. Fin d'Arnaud de Bresse
Cependant Arnaud de Bresse étoit à Rome, où il continuoit à tenir publiquement des discours séditieux, soutenu par les citoyens puissants, primipalement par les sénateurs (;2). Quelques-uns de ceux qu'il avoit séduits attaquèrent Gérard , prêtre-cardinal du titre de Sainte-Pudentienne, comme il passoit dans la rue Sacrée, allant trouver le pape, et le blessèrent dangereusement, dont toutefois il guérit. C'est pourquoi le pape Adrien mit la ville de Rome en interdit, et on y cessa les offices divins jusqu'au mercredi de la semaine sainte, mil cent cinquante-cinq ; le pape demeuroit cependant à Saint- Pierre de la cité Léonine. Alors les sénateurs , pressés par le clergé et le peuple, vinrent trouver h; pape, et lui jurèrent sur les Lvangil(»s qu'ils chasseroient de Rome et de son territoin^ Arnaud et ses sectateurs, s'ils ne rentroient dans lobéissance du pape. Ils furent cha>sès, l'interdit levé, et tout le peuple en bénit Dieu. Le lendemain, qui étoit le jeudi-saint, on accourut de toutes parts, selon la coutume, pour recevoir l'absolution des péchés, et il vint aussi une grande multitude de pèlerins. Alors le pape, accompagné dévêques, de cardinaux et d'une grande troupe de nobles, sortit de la ville Léonine, où il étoit demeuré depuis son ordination , et, passant au travers de Rome avec les applaudissements de tout le peuple, il arriva au palais de Latran, où il célébra solennellement la fête de PAques, qui, cette année, étoit le vingt-septième de mars.
Fridèric Barberousse, roi des Romains, avoit passé 1 hiver en Lombardie; et, après