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XLIV. Saint Eberard de Sallzbourg

Eberard, anhevêque de Saltzbourg, étoit de la première noblesse de Ravière , né vers l'an mil quatre-vingt-cinq. Ses parents l'envoyèrent éiudier à Ramberg, où, après avoir été quelque temps chanoine, il embrassa la vie monastique dans l'abbaye de Saint-Michel (2). 31ais les chanoines l'en retirèrent malgré lui, et l'envoyèrent étudier en France, jusqu'à ce que ses cheveux fussent revenus. A son retour, il se retira chez ses parents en Ravière; et, après avoir long-temps délibéré, il rentra dans le monastère à l'âge de quarante ans, avec la permission de l'évêque saint Othon et du chapitre de Ramberg. Cependant ses frères, ayant fondé \xn monastère dans une de leurs terres, nommcHi î ibourg,le demandèrent pour abbé , et furent cinq ans sans le pouvoir obtenir, jusqu'à ce qu'Eberard , étant allé à Rome avec l'évêque de Ramberg, ce saint prélat le fit connoître au pape Innocent II , et le désir des moines de Ribourg de l'avoir pour abbé. Le pape l'obligea d'accepter, et lui donna lui-même la bénédiction abbatiale. Il gouverna cette maison naissante avec beaucoup de régularité et de prudence, exerçant libéralement l'hospitalité , et répandant au dehors de grandes aumônes ; en sorte qu il ne

fl) Acta Alex. ap. Baron. ^2) Vila, tora. 2. Canis. Sup. I. LXU, II. iU. p. 287.

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

[An de J.-C 1100.

gardoit de provisions que ce qui étoil nécessaire d'une récolte à l'aulre.

Il y avoit quatorze ans qu'il gouvernoit l'abbaye de Bibourg, lorsque le siège do Saltzbourg vint à vaquer par la mort de l'archevêque Conrad ; et il fut élu pour lui succéder d'un commun consentement des évéques de la province , du clergé et du peuple de l'église vacante. Il ne changea rien à l'austérité de sa vie depuis son élévation , et augmenta ses aumônes à proportion de ses revenus. Il préchoit et d'exemple et de parole, étant bien instruit des saintes leltres; il dépensoit beaucoup pour l'hospitalité et pour l'entretien des monastères, servoit lui-même les pauvres, et ne dédaignoit pas de toucher les lépreux et de leur baiser les mains (1). 11 reconnut et suivit toujours Alexandre, et attira à l'obéissance de ce pape Hartman , évéque de Brixen , son sufîragant. Ces deux prélats furent les seuls de toute l'Allemagne qui ne prirent point de part au schisme. L'archevêque n'embrassa le bon parti cju après une longue délibération ; et la raison qu'il en rendoit ètoit le consentement de toute l'Eglise , c'est-à-dire de la plus grande partie , qui s'étoit déclarée pour Alexandre. Quoique l'empereur Fridèric en fût irrité contre le saint prélat , il n'osoit toutefois faire éclater son ressentiment ; et , quand il ètoit en sa présence , la dignité même qui paroissoit sur son visage le retenoit , et lui imprimoit une crainte respectueuse. Ce prini e l'avouoit lui-même ; et le saint prélat de son coté désiroit ardemment de souffrir pour Dieu l'exil ou la mort, soit en celte occasion, soit en quelqu'autre. 11 mourut quatre ans après le concile de Pavie, la nuit du dimanche au lundi, vingt- deuxième de juin mil cent soixante -quatre, âgé de soixante -dix -neuf ans, après dix-huit ans d'épiscopat. On rapporte plusieurs miracles faits à son tombeau, et il est compté entre les saints.

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