XLV. Lettre contre le concile de Pavie
Henri , prêtre-cardinal , qui avoit été moine à Clairvaux, Odon , cardinal-diacre , et Philippe, abbé de l'Aumône, monastère de l'ordre de Cîteaux au diocèse de Chartres , écrivirent une lettre générale à tous les prélats et les fidèles, pour servir de préservatif contre la lettre synodale du concile de Pavie (i2). Ils in-^ sistent premièrement sur lincompétence des juges , et disent : Si l'église romaine doit être jugée sur quelqu'article , elle devoit l'être à Rome, par les évêques de la province et un concile général de toute l'Eglise. Onauroil pu connoître à Rome, avec plus de fiicilité et de liberté, ce qui s'étoit passé à l'élection d'Alexandre. Ils soutiennent ensuite que l élec-
(t) Radev. iï,c. 73.Vila, (2) Bibl. Cist. (om. 3, p. p. 2»6. 2il.
tion du pape est réservée aux trois ordres de cardinaux, évêques, prêtres et diacres, et ajoutent : Si on admet à cette éleciion le chapitre de Saint-Pierre, pourquoi n'admetlrat-on pas les chanoines de Latran, qui est la première église de Rome , le clergé de Sainte- Marie-Majeure , les abbés et les moines de Saint-Paul et de Saint-Laurent, qui sont toutes les églises patriarcales? Ils ajoutent des reproches particuliers contre le doyen de Saint- Pierre , ancien schismatique attaché à Pierre de Léon. Ils réfutent ce qu'avançoient les schismatiques , qu'Alexandre avoit reconnu dans sa bulle qu Octavien avoit été élu par deux cardinaux, au lieu qu'elle portoit seulement qu'il avoit été nommé, ce qui ne fiiisoit pas une élection.
Ils relèvent le mérite d'Alexandre, et accusent Octavien de plusieurs violences. Et, sur ce que l'on prenoit avantage de ce que personne ne s'étoit présenté pour Alexandre au concile de Pavie, ils disent : Nous étions envoyés en ces quartiers -là jxjur les affaires du pape ; mais, quand nous avons voulu aller vers l'empereur pour ce sujet, nous n'avons trouvé aucune sûreté : cen'étoient que menaces et périls de mort. Nous étions prêts à paroitre devant l'empereur, mm pour subir un jugement au nom de l'Eglise, mais pour expliquer la vérité de ce qui s'étoit passé ; mais nous n'avons jamais pu. Dieu le sait, en obtenir la permission.