‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 2108 sur 2407 · LVIII. Saint Tliomas, archevêque de Gantorbéry · texte numérisé non relu

LVIII. Saint Tliomas, archevêque de Gantorbéry

Ce fut aussi à Montpellier que le pape Alexandre reçut les députés de Thomas, nouvel archevêque de Cantorbéry, qui lui envoya demander le pallium. Il y avoit plus d'un an que l'archevêque Thibaut étoit mort après une longue maladie ; il avoit résolu quelque temps auparavant d'abolir toutes les mauvaises cou-

(1) Ps. LXXI, 11.

(2) Alcx.Ep. 32,p.l313,

to. X, Conc. p. 1410. Ibid.

(3) Duchesne. tom. 4, p.

416, c. 424, c. App. 2, Ep.

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

tume5 tjui s'étoiont introduites do son fomps «anîi son archevêché, cl avoit dc^à oté une seconde aide que l'archidiacre avoit imposée sur les églises. Se voyant près de sa fin , il écrivit au roi , qui étoit absent , pour lui donner sa bénédiction et lui recommander 1 ef lise de Cantorbéry et le choix d'un digne successeur. Il le prie aussi de conlirmer son testament par lettres-patentes, et tenir la main à l'exécution. Par ce testament, il laisse aux |>âuvres le reste de ses meubles, promet quarante jours d'indulgence à ceux qui en procureront l'exécution, et menace d anathéme les offiaers du roi s'ils touchent aux biens des moines de Cantorbéry (1). L'archevêque Thibaut mourut le mardi de Pâques, dix-hnitième d'avril mil cent soixante-un, après avoir tenu vingt-deux ans et trois mois le siège de Cantorbéry, qui vaqua treize mois.

Sitôt que la nouvelle de cette mort eut été portée au roi, toute la cour jeta les yeux sur le chancelier Thomas Réquet , qui étoit aussi archidiacre de Cantorbéry (2). Le peuple en faisoil le même jugement, car Thomas étoit le premier ministre et la seconde personne du royaume, d'une grande capacité et d'une noblesse de courage qui le faisoit admirer de tout le monde. Le roi forma aussi le dessein de le placer sur le siège de Cantorbéry, mais il le dissimula pour un temps; seulement il lui laissa la garde de cette église, suivant l'usa «^e qui donnoit au chancelier le soin des évéchés et des abbayes pendant la vacance. Le roi qui étoil en Normandie, envoya le chancelier en Angleterre pour quelquesatliiires du royaume et, comme il vint à Falaise prendre con^^é le roi le tira à part et lui dit •• Vous ne savez pas bien encore le sujet de votre voyage ; je veux que vous soyez archevêque de Cantorbérv Le chancelier lui montra en souriant l'habit qu'il portoit, et qui étoit peu ecclésiastique et lui dit : Vous voulez mettre un homme bien édifiant sur ce grand siège et à la tête de ces moines si réguliers. Sachez que si cela arrive, vous m'ôterez bientôt votre amitié et elle se changera en une haine mortelle. Vous demanderez de moi des choses, et vous faites déjà sur l'Eglise des entreprises que je ne pourrai souffrir ; les envieux en protiteront et mettront entre nous une division éternelle.

Le roi demeura ferme dans son dessein et donna ordre de le déclarer aux moines' de Cantorbéry et au clergé d'Ani^leterre. Thomas résista quelque temps, mais il céda aux conseils de ses amis et aux instances pressantes du cardinal Henri de Pise, légat du pape. Quand il fut arrivé en Angleterre, les moines de l'église métropolitaine s'assemblèrent suivant la volonté du roi avec quelques évêques

AndcJ-C. llOi

Page 1