‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 211 sur 2407 · XXVII. Persécution par les Arabes · texte numérisé non relu

XXVII. Persécution par les Arabes

Les chrétiens étoient aussi persécutés en Orient par les Arabes (4). Théodore, patriarche melquite d'Antioche, successeur deThéophylacle , ayant attiré leur envie , fut accusé d'écrire souvent à l'empereur Constantin,

pour lui découvrir leurs affaires , et envoyé en exil dans le pays des Moabites , sa patrie, par ordre de Salem , gouverneur de Syrie, fils d'Ali et frère d'Abdalla, par conséquent oncle du calife Almansor(l). Le même Salem défendit de bâtir de nouvelles églises, ni d'exposer en public aucune croix , ou de dogmatiser avec les Arabes touchant la foi chrétienne. C'étoit l'an sept cent cinquante-six , seizième de l'empire de Constantin. L'année suivante, sept cent cinquante-sept, Salem étendit les tributs des chrétiens , en sorte que tous les moines , les reclus et les stylites en payoient. Il fit sceller les trésors des églises, et fit venir des juifs pour les vendre ; mais les affranchis les achetèrent, j'entends les affranchis des églises. Salem fit aussi mourir par ordre du calife , six des principaux d'entre les Perses , de la secte des mages, qui avoient séduit quelques-uns de leur nation , leur persuadant de vendre leur bien , et se jeter tout nus de dessus les murailles de leurs villes , dans la folle espérance de voler au ciel ; mais ils se brisèrent en tombant.

Les Arabes défendirent encore aux chrétiens, par envie , de tenir les registres publics (2) ; mais ce fut pour peu de temps, et ils furent bientôt contraints de les leur confier de nouveau, ne sachant point écrire les chiffres ; car ils étoient encore fort ignorants. Abdalla, fils d'Ali , autre oncle du calife Almansor, fit aussi beaucoup de mal aux chrétiens (3). Il leur défendit d'apprendre leurs lettres, appaapparemment les lettres grecques , et de s'assembler de nuit dans les églises , dont il fit ôter les croix. Nonobstant la persécution des Arabes, on ne laissa pas, sous le règne d' Almansor , de bâtir à Emèse une église ma- I gnifique en l'honneur de saint Jean-Baptiste , et l'on y transféra son chef, du monastère de la caverne, où il avoit été trouvé sous l'empereur Marcien l'an quatre cent cinquante-trois (4). Cette translation se fit la vingtième annéede Constantin sept centsoixante deJ.C. quatrième année d' Almansor. Deux ans devant l'an sept cent cinquante huit (5). Politien succéda à Cosme, patriarche melquite d'Alexandrie, et tint le siège quarantesix ans.

(1) Theoph. p. 360.

(2) Sup. n. 7.

(3) VitaS. Stepti. p.ilO,

(4) Theoph. an. 16, p.

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