‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 2118 sur 2407 · II. Eglise (l'Allemagne · texte numérisé non relu

II. Eglise (l'Allemagne

L*erapereur Fridéric célébra cette année à \V ormes la fête de Pâques, qui fut le vinglquatriéme de mars, et le jour de l'octave dernier du même mois il tint avec les seigneurs sa cour à Mayence. Presque tous les bourgeois s'enfuirent de la ville , craignant la punition du meurtre de leur évéque , commis trois ans auparavant, et il n'en demeura que très-peu des moins considérables et quelquesuns qui avoient déjà obtenu leur grâce de l'empereur. Un des coupables fut pris et exécuté à mort. L'abbé de Saint-Jacques fut présenté à l'empereur comme complice, et obtint du temps pour se justifier ; mais, ne le pouvant faire, il fut chassé de son abbaye et du pays. Les moines furent enfermés dans une maison, d'où les uns se sauvèrent par h'S fenêtres ou autrement, les autres furent congédiés; ainsi le service divin cessa dans ce monastère. Les murailles de la ville furent abattues par ordre de l'empereur, et ne furent rétablies que sous son successeur, trente-sept ans après. L'année suivante, mil cent soixante-quatre, Conrad, élu archevêque de Mayence, se rangea à l'obédience du pape Alexandre; de quoi l'empereur irrité le chassa de son siège, et mit en possession Christien, qui avoit été élu auparavant (1).

En Saxe, Gérold, évéque d'Oldembourg , obtint du duc Henri le lion la translation de

(1) Dodech. ann. 1103. Sup. liv. iax. Id. 1200, 1104.

son siège à Lubeck , où il institua douze prébendes et une treizième pour le prévôt (1). Ensuite, voulant établir les dîmes dans la Holsace, il écrivit une lettre aux habitants de Burnhovéde , où il représente ce devoir comme un précepte divin, sans l'accomplissement duquel les autres sont inutiles. Ce peuple peu docile répondit qu il ne se soumettroit jamais à cette servitude, qui exposoit tous les chrétiens à l'oppression des évéques ; et presque toutes les dîmes s'employoient en luxe séculier. En quoi , dit le prêtre Helmold, auteur du temps, ils ne s'éloigtioient pas beaucoup de la vérité. L'évêque rapporta celte réponse au duc , qui commanda aux llolsaliens, sous peine de perdre s(»s bonnes grâces, de payer les dîmes, comme faisoient d'autres peuples, dont les terres étoient plus nouvellement cultivées et plus exposées aux guerres. Mais les Holsatiens obstinés répondirent qu'ils ne donneroicnt jamais les diiiies que leurs pères n'avoient point données, et qu'ils aimoient mieux brûler leurs maisons et quitter leur pays. Ils songèrent même à tuer l'évêque , le comte et tous les étrangers qui payaient h s dîmes, mettre le feu au pays et s'enfuir sur les terres de Danemarck. Mais leur mauvais dessein fut arrêté par 1 alliance renouvelée entre le roi de Danemarck et le duc de Saxe , car ils convinrent de ne point recevoir les transfuges l'un de l'autre. Les llolsaliens furent donc contraints dese soumettre aux dîmes, et promettre pour chaque feu une certaine quantiléde grain. Mais, comme on étoit prêt à sceller le traité , les notaires demandèrent un marc d'or, suivant la coutume : ce qui révolta ce peuple féroce, et le traité dein(»ura imparfait, joint la guerre qui survint, et la mort de révêque , qui arriva la même année mil cent soixante- trois.

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